Personne n’avait vu venir une telle situation. À l’origine simple film de Noël signé Intermarché, le loup Intermarché est en train de vivre une seconde vie absolument fascinante, bien loin des écrans publicitaires. Désormais, le personnage s’invite dans les conversations quotidiennes, jusque dans des open spaces européens où certains salariés se surprennent à réciter ses répliques… sans même parler français.

Depuis sa mise en ligne début décembre, le film d’animation a déclenché une vague d’émotion rarement observée pour une publicité française. Visionné des centaines de millions de fois en quelques jours, le spot s’apprête à franchir un seuil presque irréel : le milliard de vues. Un chiffre qui, à lui seul, raconte l’ampleur d’un phénomène devenu mondial.
Mais ce sont surtout les anecdotes venues de l’étranger qui donnent la mesure de ce succès. En Allemagne, par exemple, le loup Intermarché circule massivement sur les messageries privées et les réseaux sociaux. Certains salariés expliquent avoir reçu la vidéo plusieurs fois en une seule semaine. Plus surprenant encore, une scène revient régulièrement : des collègues se mettent à répéter la fameuse réplique du loup, phonétiquement, sans comprendre un mot de français. Une situation à la fois drôle et profondément révélatrice de la puissance émotionnelle du film.
Ce succès dépasse largement la simple viralité numérique. Il montre que l’histoire racontée par Intermarché touche à quelque chose d’universel. L’exclusion, la différence, la quête de reconnaissance, autant de thèmes qui résonnent partout, indépendamment de la langue ou du contexte culturel. Le loup Intermarché devient ainsi un personnage dans lequel chacun projette ses propres émotions.
Sur les réseaux sociaux, l’engouement est tout aussi impressionnant. Selon les analyses, une part significative des messages évoquant la campagne est désormais rédigée en anglais. Certains internautes traduisent eux-mêmes les dialogues, d’autres se contentent de partager les images, la musique ou les moments clés du film. Même la chanson Le Mal-Aimé de Claude François connaît un retour spectaculaire, avec une explosion de ses écoutes en streaming.
Face à cette déferlante, Intermarché reconnaît avoir été pris de court. Très rapidement, la marque a constaté que plus de la moitié des interactions provenaient de l’étranger. Une situation totalement inédite pour une campagne de Noël française, au point de pousser l’enseigne à envisager des versions officielles dans plusieurs langues.
Le loup Intermarché n’est plus seulement une publicité. Il est devenu un symbole émotionnel partagé, un sujet de conversation inattendu et parfois même une private joke entre collègues à des milliers de kilomètres de la France. Une conséquence aussi surréaliste qu’éloquente sur la force d’un récit bien raconté.
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