Il y a des signes que les habitués connaissent bien. Les mains sur les genoux, le regard fermé, la respiration lourde. Pour beaucoup, ces images évoquent la fatigue, voire l’abandon. Mais chez Novak Djokovic, elles racontent souvent une tout autre histoire.

Face à Jannik Sinner, ces signaux sont apparus très tôt. Le Serbe semblait en difficulté physique, parfois dépassé par l’intensité des échanges. Les caméras captaient chaque grimace, chaque pause prolongée entre les points. Autour du court, l’idée s’installait : cette fois, l’âge allait peut-être rattraper le champion.
Mais Djokovic a bâti sa carrière sur cette ambiguïté. Plus il paraît souffrir, plus il devient imprévisible. Cette capacité à masquer ses véritables ressources déstabilise ses adversaires. Sinner, malgré son sang-froid, n’échappe pas à ce piège.
Au fil du match, Djokovic s’accroche. Il perd des sets, mais ne perd jamais le fil. Chaque échange semble calculé, chaque effort dosé. Il accepte de subir, parfois longuement, pour mieux attendre l’instant décisif. Cette patience extrême finit par user mentalement.
Quand le match bascule dans le cinquième set, la transformation est frappante. Djokovic se redresse, accélère légèrement le jeu, trouve des angles plus précis. L’énergie semble soudainement revenir, comme si la perspective de l’effort ultime réveillait quelque chose de profondément ancré en lui.
Le public assiste alors à un scénario devenu presque familier. Celui où Novak Djokovic, donné en difficulté, reprend progressivement le contrôle. Chaque point gagné est célébré avec une intensité contenue, presque froide. À l’inverse, la tension gagne son adversaire.
Ce contraste fait toute la différence. Là où d’autres auraient cédé, Djokovic s’appuie sur son expérience et sa maîtrise émotionnelle. Le match se termine comme tant d’autres dans sa carrière : par une victoire arrachée, construite dans la souffrance, mais assumée jusqu’au bout.
C’est précisément pour cela que Novak Djokovic reste redouté. Parce qu’il n’est jamais aussi dangereux que lorsqu’on le croit au bord de la rupture.
Lire aussi : 5h27 de souffrance, des crampes et un exploit monumental : le match complètement fou qui propulse Carlos Alcaraz en finale de l’Open d’Australie et Jannik Sinner : ses gains records cette saison font halluciner le monde du tennis