Ce qui frappe le plus dans les mots de François Hollande, ce n’est pas seulement leur dureté, mais leur précision presque clinique. Lorsqu’il parle d’Emmanuel Macron, l’ancien président ne se contente pas de critiquer une stratégie ou une ambition. Il s’attaque à une personnalité, à une manière d’être au monde et d’exercer le pouvoir.

Il décrit un homme qu’il perçoit comme profondément solitaire, enfermé dans une relation exclusive à lui-même. À ses yeux, Emmanuel Macron n’aurait jamais réellement eu besoin des autres, contrairement à de nombreux responsables politiques qui se nourrissent du regard collectif. Cette solitude assumée aurait façonné un rapport très particulier à la fonction présidentielle.
François Hollande insiste sur ce qu’il considère comme une dérive narcissique. Il évoque un président qui se met en scène, qui transforme chaque prise de parole en représentation, chaque décision en symbole. Selon lui, cette posture n’est pas anodine : elle éloigne le chef de l’État de la réalité concrète du pouvoir et des relations humaines ordinaires.
Ce regard psychologique est d’autant plus marquant qu’il vient d’un homme qui a côtoyé Emmanuel Macron de très près. Il ne s’agit pas d’une analyse à distance, mais du témoignage de quelqu’un qui a observé, jour après jour, les comportements, les silences, les attitudes. François Hollande semble convaincu que cette dimension intime explique en grande partie la rupture entre eux.
Il raconte aussi une difficulté persistante à créer un lien réel. Là où il attendait un échange, une complicité politique, il aurait trouvé une forme de froideur, presque d’indifférence émotionnelle. Cette distance aurait nourri un sentiment d’inconfort permanent, impossible à verbaliser sur le moment.
Avec le recul, François Hollande semble relire cette relation comme un enchaînement de signaux ignorés. Il admet avoir sous-estimé l’impact de cette personnalité sur l’exercice du pouvoir. Aujourd’hui, ses mots sonnent comme une mise en garde tardive, mais assumée, sur les dérives possibles d’un pouvoir trop centré sur l’individu.
Lire aussi : Pourquoi Cyril Hanouna affirme que Tiphaine Auzière avait tout vu : la polémique autour de Brigitte Macron repart de plus belle et "C'est votre échec" : Gilles Bouleau recadre Emmanuel Macron, ce moment télé qui a déstabilisé le président et glacé le plateau