Dimanche 4 janvier, une phrase a suffi pour embraser les réseaux sociaux et les coulisses politiques. Invité sur BFMTV, Dominique de Villepin n’a pas mâché ses mots en évoquant l’éventualité d’une candidature de Jordan Bardella à l’élection présidentielle.

Avec son sens aigu de la formule, l’ancien chef du gouvernement a frappé fort, très fort, en comparant le leader du Rassemblement national à un pilote d’avion sans la moindre heure de vol au compteur.
Une image qui n’a rien d’anodin. Elle a immédiatement été reprise, commentée, détournée, analysée. Pour beaucoup, elle résume une inquiétude grandissante chez une partie de l’opinion : celle de voir accéder aux plus hautes fonctions de l’État une personnalité encore jamais confrontée aux réalités du pouvoir exécutif. Dominique de Villepin, fidèle à son style, n’a pas attaqué frontalement sur le terrain idéologique. Il a préféré déplacer le débat sur un autre terrain, plus subtil mais tout aussi redoutable : celui de l’expérience réelle du pouvoir.
Selon lui, si Jordan Bardella atteint aujourd’hui des niveaux élevés dans les intentions de vote, ce n’est pas tant par adhésion à un projet clair que par défaut d’alternative crédible. Les Français, explique-t-il, ne seraient pas encore entrés dans le temps long de la présidentielle. Ils observeraient, testeraient, sonderaient, sans avoir réellement tranché. Dans ce flou, certaines figures émergent mécaniquement, portées par une forme de lassitude générale.
Mais la petite phrase sur le “pilote sans expérience” a surtout réveillé une crainte sourde : celle de confier les commandes d’un pays complexe à quelqu’un qui n’a jamais eu à gérer de crise majeure, de négociation internationale ou de décision lourde de conséquences. Sans jamais nier les qualités personnelles de Jordan Bardella, Dominique de Villepin a insisté sur une nuance essentielle : la compétence ne se décrète pas, elle se forge.
Cette sortie a aussi pris une dimension presque pédagogique. L’ancien Premier ministre ne parle pas seulement en politique, mais en homme d’État. Il rappelle que gouverner, ce n’est pas séduire, mais assumer. Décider, trancher, parfois se tromper, puis corriger. Une mécanique que l’on n’apprend pas sur les bancs du Parlement européen ou à travers des meetings bien rodés.
En quelques minutes, Dominique de Villepin a réussi à remettre au centre du débat une question que beaucoup préféraient éviter. Et à en juger par l’écho de ses propos, le sujet est loin d’être clos.
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