Un message pour prévenir que l’on arrive, un appel auquel on pense devoir répondre, une notification consultée pendant le trajet… Ces gestes familiers peuvent désormais avoir une conséquence autrement plus lourde qu’une contravention.
Le gouvernement demande de généraliser à toute la France la suspension administrative du permis de conduire pour usage du téléphone tenu en main au volant. Une décision qui concerne aussi les automobilistes n’ayant commis aucune autre infraction au même moment.
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Téléphone au volant : ce qui change avec la consigne nationale
Dans une instruction signée le 29 septembre 2026, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez et la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté Marie-Pierre Vedrenne demandent aux préfets d’étendre cette pratique à l’ensemble du territoire. Jusqu’ici, plusieurs départements avaient déjà adopté une réponse plus ferme à l’utilisation du smartphone pendant la conduite.
Le changement porte donc sur l’application d’un dispositif existant. Le Code de la route permet déjà au préfet, lorsqu’il reçoit un procès-verbal constatant une infraction passible d’une peine complémentaire de suspension, de prendre une mesure provisoire. L’usage du téléphone tenu en main entre dans ce cadre.
Pour les conducteurs, la conséquence est très concrète : le département dans lequel l’infraction est constatée ne doit plus déterminer à lui seul le risque de suspension. L’objectif annoncé est d’harmoniser la réponse administrative, afin que ce comportement fasse l’objet d’une politique plus cohérente partout en France.
Cette évolution touche un réflexe encore largement banalisé. Certains automobilistes associent surtout la perte temporaire du droit de conduire à l’alcool, aux stupéfiants ou aux grands excès de vitesse. Désormais, l’utilisation du téléphone peut, à elle seule, conduire à une procédure de suspension préfectorale.
Il n’est plus nécessaire de cumuler plusieurs infractions
C’est le point qui mérite toute l’attention des usagers : rouler à une vitesse autorisée ne protège pas d’une suspension si l’on utilise son téléphone en le tenant dans la main. Il n’est pas nécessaire d’avoir également franchi un feu rouge, effectué un dépassement interdit ou commis un excès de vitesse pour que le préfet puisse intervenir sur ce fondement.
Il faut toutefois distinguer cette procédure de la rétention du permis lors d’un contrôle routier. Dans le mécanisme concernant le téléphone associé à certaines autres infractions, les forces de l’ordre peuvent retenir le document dans les conditions prévues par les textes. La suspension administrative pour le seul usage du téléphone repose sur une décision préfectorale prise à partir du procès-verbal.
Autrement dit, annoncer une généralisation ne signifie pas que chaque conducteur contrôlé se verra automatiquement retirer son permis sur le bord de la route. La constatation de l’infraction et la décision de suspension constituent deux étapes différentes. Cette distinction évite de confondre un durcissement réel des pratiques avec une sanction systématique et instantanée.
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Une suspension pouvant atteindre six mois
La durée de la mesure sera appréciée en fonction du dossier. Les informations accompagnant cette généralisation évoquent des suspensions généralement comprises entre quinze jours et un mois, avec une durée pouvant atteindre six mois dans les situations les plus graves.
Il ne s’agit donc pas d’un tarif uniforme appliqué à tous les automobilistes. Les circonstances de l’infraction et la situation du conducteur entrent dans l’examen effectué par les services préfectoraux. Une durée courte reste néanmoins susceptible de bouleverser l’organisation quotidienne.
Se rendre au travail, accompagner les enfants, faire les courses ou rejoindre un proche dépend parfois entièrement de la voiture. Dans les zones où les transports collectifs sont peu développés, deux semaines sans conduire peuvent imposer de trouver rapidement des solutions pour chaque déplacement.
La suspension administrative doit également être distinguée d’une éventuelle sanction judiciaire. La première est décidée par le préfet, sans attendre qu’un juge statue. Le Code de la route prévoit par ailleurs une peine complémentaire de suspension pouvant être prononcée par une juridiction : les deux procédures ne se confondent pas.
L’amende de 135 euros et les trois points restent prévus
Cette politique plus ferme ne remplace pas les sanctions habituelles. L’usage du téléphone tenu en main pendant la conduite reste sanctionné par une amende forfaitaire de 135 euros et un retrait de trois points sur le permis de conduire.
La mesure préfectorale peut donc s’ajouter à ces conséquences. Le montant de l’amende forfaitaire annoncé demeure inchangé : la nouveauté concerne surtout le recours plus large à une interdiction temporaire de conduire.
Pour un automobiliste dont le solde de points est déjà faible, l’enjeu est également important. La perte de points et la suspension répondent à des mécanismes distincts. Un permis disposant encore de nombreux points peut faire l’objet d’une suspension ; inversement, un retrait de points peut fragiliser le droit de conduire indépendamment d’une décision préfectorale.
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Un téléphone sur un support pour le GPS est-il concerné ?
La consigne vise spécifiquement l’usage d’un téléphone tenu en main. Un smartphone installé sur un support pour afficher un itinéraire GPS ne correspond donc pas, à lui seul, à cette situation.
Cette distinction ne transforme toutefois pas le support en autorisation de multiplier les manipulations pendant le trajet. Le conducteur doit rester en mesure de maîtriser son véhicule et de réagir aux événements de la circulation. Chercher une adresse, parcourir une liste de destinations ou modifier longuement son itinéraire détourne l’attention, même lorsque l’appareil est fixé au tableau de bord.
Le plus pratique consiste à programmer le trajet avant de démarrer, régler le volume des indications et placer l’écran de manière à ne pas gêner la visibilité. Si une modification importante devient nécessaire, mieux vaut rejoindre un emplacement où l’on peut stationner en sécurité.
Autre règle à connaître : utiliser une oreillette ou des écouteurs pour éviter de tenir son téléphone n’est pas une solution autorisée. Le Code de la route interdit également, sauf exceptions prévues, le port à l’oreille d’un dispositif susceptible d’émettre du son pendant la conduite.
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Plusieurs départements appliquaient déjà cette politique
Avant l’annonce nationale, les Landes, le Lot-et-Garonne, le Pas-de-Calais, la Charente-Maritime, les Deux-Sèvres, l’Yonne et l’Ardèche figuraient notamment parmi les départements ayant renforcé leur réponse à cette infraction.
Ces initiatives locales ont précédé la volonté d’étendre le dispositif. Elles montrent que la possibilité de suspendre le permis pour le seul usage du téléphone n’apparaît pas soudainement dans la réglementation : son utilisation par les préfectures devient plus largement encouragée.
La Délégation à la sécurité routière doit assurer le suivi de cette généralisation, avec un premier bilan annoncé après six mois d’application. Ce rendez-vous permettra d’évaluer la mise en œuvre de la consigne et l’évolution des comportements observés.
Comment éviter le réflexe de consulter son écran
Le téléphone accompagne presque tous les moments de la journée. Entre les échanges familiaux, les sollicitations professionnelles et les applications de navigation, le mettre de côté demande parfois une organisation très simple en amont.
Avant de partir, activer un mode conduite ou un mode qui coupe les notifications permet de réduire les interruptions. Ranger l’appareil hors de portée aide aussi à éviter le geste machinal consistant à saisir l’écran dès qu’il s’allume.
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Lorsqu’un passager est présent, il peut gérer la navigation ou prévenir les proches d’un retard. Si l’on voyage seul et qu’une réponse est indispensable, la bonne option reste de s’arrêter sur un emplacement adapté avant d’utiliser le téléphone.
Prévenir son entourage que l’on ne répond pas pendant les trajets peut enfin lever une pression inutile. Un appel manqué ou un message laissé quelques minutes sans réponse se gère à l’arrivée. Avec cette généralisation, le réflexe de prendre son smartphone en conduisant peut désormais peser directement sur la possibilité de reprendre le volant les jours suivants.
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