Une réunion entre soutiens, une caméra et des mots particulièrement crus : Raphaël Glucksmann se retrouve au cœur d’une polémique à un moment décisif de sa campagne. Dans une séquence diffusée sur les réseaux sociaux, le député européen s’en prend à Jean-Luc Mélenchon et à Marine Le Pen, dont il critique les prestations lors du débat du Medef.
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Mais une autre vidéo, visant cette fois Ségolène Royal, a ouvert un second front. Les deux responsables de gauche lui ont répondu samedi 3 octobre, à la veille du dernier débat de la primaire.
Ce qui devait être un retour sur une confrontation politique est ainsi devenu une controverse sur le langage employé par celui qui défend régulièrement une autre manière de débattre. Avec, en toile de fond, une question qui traverse désormais cette séquence : comment revendiquer la nuance tout en tenant, devant ses soutiens, des propos aussi offensifs ?
Une vidéo tournée en septembre refait surface en pleine campagne
Les images à l’origine de la polémique remontent au 17 septembre 2026. Raphaël Glucksmann échange alors avec des soutiens lors d’une réunion avec le courant de Boris Vallaud, le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale.
🔴 Info @LeMediaTV - Le 17 septembre, Glucksmann débriefe le débat du MEDEF: “Moi, je l'ai vu les yeux perdus, Mélenchon, à ce débat. Qu'est-ce qui s'est passé derrière ? Le Pen a ramené le voile. Et lui [JLM], il a remis l'abaya. On va pas rentrer dedans, on leur pisse dessus.” https://t.co/wwEPWhgB0A
— Amine Snoussi (@amin_snoussi) October 2, 2026
La discussion porte notamment sur le débat organisé par le Medef fin août, auquel plusieurs figures engagées dans la course à la présidentielle avaient participé. Dans cet échange, l’eurodéputé livre une appréciation très personnelle des interventions de ses adversaires.
Diffusés le 2 octobre, les extraits arrivent dans un calendrier particulièrement sensible. Les candidats à la primaire viennent de se retrouver sur France 2 pour leur deuxième débat télévisé. Un ultime rendez-vous est annoncé pour le dimanche 4 octobre, avant le premier tour prévu les 9 et 10 octobre.
Il faut donc distinguer deux moments : celui où les paroles ont été prononcées, au mois de septembre, et celui où elles deviennent publiques. Ce décalage explique pourquoi une conversation consacrée à un débat ancien s’invite soudain dans l’actualité immédiate de la campagne.
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Mélenchon et Le Pen visés sur les questions économiques
Dans le premier extrait, Raphaël Glucksmann reproche à Jean-Luc Mélenchon et à Marine Le Pen d’avoir été en difficulté lorsqu’ils ont été interrogés sur l’économie et la dette.
À ses yeux, les échanges les plus significatifs auraient opposé ses propres propositions à celles de Bruno Retailleau et d’Édouard Philippe. Il se présente ainsi comme l’un des protagonistes centraux de cette confrontation, reléguant les chefs de file de LFI et du RN à l’arrière-plan.
Cette lecture reste toutefois celle du député européen. Elle ne constitue ni un classement objectif des interventions ni une démonstration des compétences économiques des participants. Dans la vidéo, il exprime un jugement politique sur ses concurrents, avec un ton nettement plus mordant que celui d’un simple compte rendu.
Il décrit notamment Jean-Luc Mélenchon comme ayant eu le regard perdu pendant les échanges. Une manière de mettre en cause son assurance face aux sujets abordés, plutôt que de discuter précisément une mesure de son programme.
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Une formule brutale après une critique du voile et de l’abaya
Raphaël Glucksmann poursuit son raisonnement en évoquant les sujets revenus dans le débat public après la rencontre du Medef. Il associe Marine Le Pen à la question du voile et Jean-Luc Mélenchon à celle de l’abaya.
Son accusation est claire : selon lui, les deux responsables auraient déplacé la discussion vers ces thèmes après leurs difficultés supposées sur le terrain économique. Il décrit leurs réactions comme une forme de symétrie, malgré les différences profondes entre leurs positions politiques.
C’est à ce moment qu’il lâche la phrase qui concentre aujourd’hui l’attention : « On leur pisse dessus ».
La vulgarité de cette expression change la portée de la séquence. Le désaccord sur les priorités de campagne passe au second plan, tandis que les mots employés deviennent eux-mêmes un sujet politique. La formule expose aussi son auteur à une critique de cohérence : ses adversaires peuvent désormais confronter cette manière de parler à ses prises de position publiques contre la brutalité des échanges.
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Jean-Luc Mélenchon retourne contre lui son discours sur la nuance
Jean-Luc Mélenchon a répondu le samedi 3 octobre sur X. Plutôt que de s’en tenir à la seule insulte, le fondateur de La France insoumise a choisi de relever ce qu’il considère comme une contradiction dans l’attitude de son rival.
Il rappelle que Raphaël Glucksmann avait déjà évoqué l’idée de le « plier », puis oppose ces expressions à la « méthode de la nuance » et au refus de la brutalisation du débat que l’eurodéputé met en avant.
Cette riposte vise directement son positionnement. Jean-Luc Mélenchon ne conteste pas seulement la façon dont il est traité : il cherche à fragiliser l’image d’un candidat qui entend se distinguer par la qualité de la discussion politique.
Le responsable insoumis défend également sa propre intervention au Medef, en mettant l’accent sur son message concernant les salaires. Il termine par une attaque sur la stratégie du Parti socialiste, qu’il accuse de préparer un rapprochement avec le centre droit.
Cette dernière accusation relève de son analyse politique. Elle ne permet pas, à elle seule, d’affirmer qu’une telle alliance aurait été décidée.
Ségolène Royal dénonçe une remarque sexiste et conteste les faits
Une seconde vidéo élargit la controverse à Ségolène Royal, concurrente de Raphaël Glucksmann dans la primaire. L’eurodéputé lui reproche d’avoir fait « la danse du ventre à Macron » au cours des dernières années.
L’ancienne ministre a elle aussi répondu le 3 octobre sur X. Sa réaction comporte deux volets distincts : elle dénonce le caractère sexiste de l’expression et rejette le récit politique qu’elle véhicule.
Ségolène Royal qualifie la remarque d’immature et estime qu’elle présente sa relation avec Emmanuel Macron à l’inverse de ce qu’elle a vécu. Pour étayer sa réponse, elle revient sur la fin de sa mission d’ambassadrice des pôles Arctique et Antarctique.
Selon son explication, elle aurait perdu cette fonction après avoir critiqué la répression des gilets jaunes et refusé de renoncer à ses prises de parole. Elle invoque donc cet épisode pour contester l’idée d’une attitude complaisante envers le président.
Son argumentation porte autant sur son parcours que sur sa légitimité dans la compétition actuelle. À quelques jours du vote, laisser s’installer cette présentation de ses positions reviendrait à accepter une attaque sur son indépendance politique.
Deux réponses qui placent Glucksmann face à des critiques différentes
Les réactions de Jean-Luc Mélenchon et de Ségolène Royal ne se situent pas exactement sur le même terrain.
Le premier insiste sur l’écart entre les valeurs affichées par Raphaël Glucksmann et son vocabulaire dans cette réunion. La seconde met en cause une expression qu’elle juge sexiste, tout en contestant l’accusation de proximité avec Emmanuel Macron.
Cette distinction compte. La polémique rassemble plusieurs attaques, mais chacune appelle une réponse différente : expliquer le ton employé ne suffirait pas nécessairement à répondre aux objections de Ségolène Royal sur son parcours.
Dans les éléments disponibles dimanche matin, Marine Le Pen n’avait pas réagi publiquement à la séquence. Son absence de réponse ne permet pas de déduire ce qu’elle pense de ces propos ni la stratégie qu’elle pourrait adopter.
Un dernier débat sous une pression supplémentaire
Le dernier débat de la primaire de la gauche, annoncé pour ce dimanche 4 octobre, doit réunir Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Ségolène Royal, Emmanuel Maurel et Jérôme Guedj.
Ce rendez-vous devait permettre aux cinq candidats de défendre une dernière fois leurs propositions avant le premier tour. La circulation des vidéos ajoute désormais un sujet susceptible de peser sur les échanges, même si rien ne permet d’affirmer à l’avance la place qu’il occupera à l’antenne.
Pour Raphaël Glucksmann, l’enjeu consiste à reprendre la maîtrise de son message après un week-end dominé par ses paroles filmées. Pour Ségolène Royal, ce débat offre la possibilité de défendre directement sa position face à celui qui l’a attaquée.
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L’effet électoral de cette affaire reste impossible à mesurer à ce stade. Mais elle a déjà produit un résultat concret : à quelques jours du scrutin, la discussion ne porte plus seulement sur les programmes. Elle concerne aussi la manière dont les candidats parlent de leurs adversaires lorsqu’ils se retrouvent parmi leurs soutiens.
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