Un chiffre suffit à mesurer la difficulté du moment pour Emmanuel Macron : seules 18 % des personnes interrogées estiment qu’il est un bon président. Dans le baromètre Odoxa réalisé avec Mascaret pour Public Sénat et la presse régionale, publié ce mardi 29 septembre 2026, le chef de l’État atteint son niveau le plus bas depuis son arrivée à l’Élysée. Une chute qui intervient alors que le prix des carburants pèse lourd dans les préoccupations des Français.
Un chiffre historiquement bas pour Emmanuel Macron
À 18 % de jugements favorables, Emmanuel Macron perd sept points par rapport à la mesure réalisée fin juin. Ce recul est particulièrement marqué : il ne traduit pas seulement une popularité faible, mais un nouveau plancher personnel dans ce baromètre. Pour l’exécutif, le signal est difficile à ignorer à quelques mois de la présidentielle de 2027.
Il faut toutefois lire ce résultat pour ce qu’il est : une photographie de l’opinion à une date donnée. Les personnes interrogées ont répondu les 23 et 24 septembre, avant l’intervention du président aux journaux télévisés du jeudi 24 septembre. Le sondage ne permet donc pas de savoir si cette prise de parole a modifié leur jugement.
La comparaison avec le passé donne malgré tout la mesure du chiffre. Ce niveau rapproche Emmanuel Macron du creux enregistré par François Hollande à la fin de son quinquennat. Les périodes et les questions politiques sont différentes, mais l’indicateur souligne la difficulté, pour un président en exercice, de convaincre au-delà de ses soutiens.
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La hausse des carburants au cœur des préoccupations
Ce sondage paraît dans un contexte où le prix de l’essence et du gazole occupe une place centrale dans le quotidien de nombreux foyers. Pour celles et ceux qui prennent leur voiture chaque matin, la hausse se voit immédiatement sur le ticket de caisse. Elle oblige parfois à revoir d’autres dépenses, qu’il s’agisse des courses, des loisirs ou des déplacements du week-end.
Le gouvernement a annoncé un élargissement des aides destinées aux conducteurs qui roulent beaucoup. Mais, selon le baromètre, 75 % des personnes interrogées jugent cette réponse insuffisante. Cette proportion montre que la difficulté ne se résume pas à l’existence d’une aide : son montant, les conditions pour en bénéficier et le nombre de personnes concernées comptent tout autant dans la façon dont elle est accueillie.
Le sujet dépasse d’ailleurs les seuls ménages susceptibles de recevoir un soutien. Les prix affichés à la pompe sont visibles de tous, tandis que les contraintes de déplacement varient considérablement d’un territoire à l’autre. Habiter près d’une gare et pouvoir télétravailler plusieurs jours par semaine ne donne pas les mêmes possibilités que vivre loin de son emploi sans solution de transport pratique.
Le sondage ne démontre pas, à lui seul, que les carburants expliquent toute la baisse de popularité du président. Il montre en revanche qu’au moment où les personnes ont été interrogées, la réponse de l’exécutif à cette hausse ne les convainquait pas.
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Les Français demandent davantage d’aide malgré la question du déficit
Autre résultat révélateur : 62 % des sondés estiment que l’État devrait consacrer davantage d’argent à la question des carburants, malgré le niveau du déficit public. Cela ne signifie pas que les Français se désintéressent des finances du pays. Le même baromètre indique qu’une large majorité d’entre eux se dit préoccupée par la dette.
Ces deux attentes coexistent. D’un côté, une inquiétude sur la capacité de l’État à financer durablement ses dépenses ; de l’autre, une demande de réponse rapide face à une hausse ressentie dans le budget du mois. Pour le gouvernement, trouver une mesure jugée à la fois utile et finançable devient un exercice délicat.
Cette tension est familière à beaucoup de ménages. On peut souhaiter limiter les dépenses publiques tout en ayant besoin d’une solution immédiate pour continuer à se rendre au travail. C’est précisément ce qui rend le débat sur les carburants si sensible : il touche aux grands équilibres budgétaires, mais aussi à une dépense très concrète, répétée semaine après semaine.
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Sébastien Lecornu recule lui aussi
La mauvaise passe ne concerne pas uniquement Emmanuel Macron. Dans ce même baromètre, 24 % des personnes interrogées estiment que Sébastien Lecornu est un bon Premier ministre, soit une baisse de huit points. Le chef du gouvernement conserve une cote supérieure à celle du président, mais subit lui aussi un net recul.
Ce résultat est important pour comprendre la portée politique du sondage. Lorsqu’une décision est annoncée par le gouvernement, les Français peuvent juger séparément le président, le Premier ministre et la mesure elle-même. Ici, les trois indicateurs réunis dessinent une séquence difficile : le président baisse, le Premier ministre baisse et l’élargissement des aides aux conducteurs est majoritairement considéré comme insuffisant.
Reste à voir si de nouvelles annonces ou une évolution des prix à la pompe modifieront cette perception. Un baromètre mesure un état de l’opinion ; il ne prédit ni sa durée ni l’issue d’un débat politique.
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À l’approche de 2027, un avertissement pour l’exécutif
Le baromètre s’intéresse également aux personnalités politiques susceptibles de compter dans la prochaine présidentielle. Marine Le Pen et Jordan Bardella arrivent tous deux à 35 % d’adhésion ou de sympathie, tout en reculant par rapport à la précédente mesure. Édouard Philippe est à 27 %, François Hollande à 22 % et Raphaël Glucksmann à 20 %.
Ces chiffres ne sont pas des intentions de vote. Dire que l’on éprouve de la sympathie pour une personnalité ne signifie pas que l’on choisira son nom dans l’isoloir. Ils montrent néanmoins quelles figures suscitent aujourd’hui le plus d’adhésion dans ce classement, alors que le jugement porté sur l’exécutif se dégrade.
Pour Emmanuel Macron, l’enjeu immédiat reste plus concret que les calculs de campagne : répondre à une inquiétude de pouvoir d’achat que les personnes interrogées jugent encore insuffisamment prise en compte. Le chiffre de 18 % attire l’attention, mais c’est la suite qui dira si ce record d’impopularité marque un point bas passager ou une défiance plus durable.
Enquête Odoxa réalisée avec Mascaret pour Public Sénat et la presse régionale, en ligne les 23 et 24 septembre 2026, auprès d’un échantillon de 1 005 personnes représentatif de la population française adulte. Comme tout sondage, ses résultats comportent une marge d’erreur.
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