À quelques mois de l’élection présidentielle de 2027, un nouveau sondage vient bousculer les projections et confirmer une tendance particulièrement forte. Marine Le Pen arriverait très largement en tête du premier tour, quel que soit le scénario étudié. Mais la véritable surprise se trouve derrière elle : Jean-Luc Mélenchon parviendrait à se qualifier pour le second tour dans quatre des six configurations testées.
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Cette enquête Ipsos-BVA, réalisée pour plusieurs organismes parmi lesquels le Cevipof, la Fondation Jean-Jaurès et l’Institut Montaigne, ne permet évidemment pas de prédire le résultat définitif du scrutin. Elle offre cependant une photographie saisissante du rapport de force politique à l’approche de 2027. Elle montre surtout à quel point la dispersion des candidatures pourrait jouer un rôle décisif dans l’identité du deuxième finaliste.
Marine Le Pen largement en tête dans tous les scénarios
Le premier enseignement de cette étude est sans ambiguïté : Marine Le Pen domine nettement les intentions de vote. Selon les différentes hypothèses proposées aux personnes interrogées, la représentante du Rassemblement national recueillerait entre 33 % et 35 % des suffrages.
Un niveau qui la placerait très loin devant l’ensemble de ses concurrents. Son avance apparaît d’autant plus importante que ses principaux adversaires restent sous la barre des 22 %, y compris dans les configurations qui leur sont les plus favorables.
À ce stade, Marine Le Pen semble donc disposer d’un socle électoral particulièrement solide. Le choix des candidats du centre ou de la gauche modifie légèrement son score, mais ne remet jamais en cause sa première place. Dans toutes les hypothèses testées, elle accéderait au second tour de la présidentielle avec une avance confortable.
Cette stabilité contraste avec la situation observée dans les autres camps politiques, où le nombre de candidatures et les éventuels accords pourraient totalement modifier la hiérarchie.
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Jean-Luc Mélenchon au second tour dans quatre cas sur six
Le résultat le plus marquant concerne Jean-Luc Mélenchon. Crédité de 15,5 % à 17 % des intentions de vote, le chef de file de La France insoumise se qualifierait pour le second tour dans quatre des six scénarios proposés.
Il devancerait notamment Édouard Philippe lorsque Gabriel Attal représenterait seul le bloc central. Il passerait également devant l’ancien Premier ministre dans l’hypothèse où Gabriel Attal et Édouard Philippe décideraient tous les deux de maintenir leur candidature.
Ces projections mettent en évidence un phénomène bien connu lors d’un scrutin à deux tours : une division importante au sein d’un même espace politique peut réduire considérablement les chances de ses candidats, même lorsque leur poids cumulé demeure élevé.
Jean-Luc Mélenchon profiterait ainsi d’un électorat plus concentré autour de sa candidature, là où le centre pourrait voir ses voix se répartir entre plusieurs personnalités. La présence de Raphaël Glucksmann ou d’un candidat socialiste ajouterait une inconnue supplémentaire, même si leurs électorats ne se superposent pas totalement à celui du leader insoumis.
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Édouard Philippe pourrait encore déjouer le duel annoncé
Le sondage ne condamne toutefois pas Édouard Philippe à la troisième place. Le maire du Havre réussirait à se qualifier pour le second tour dans deux scénarios précis, à condition d’être le seul représentant du bloc central.
Face à une candidature de Raphaël Glucksmann, Édouard Philippe obtiendrait ainsi 17,5 % des intentions de vote. Il devancerait alors Jean-Luc Mélenchon, crédité de 15,5 %, tandis que Raphaël Glucksmann recueillerait 12,5 %. Marine Le Pen resterait néanmoins très loin devant avec 33,5 %.
Dans une autre configuration, avec Olivier Faure comme représentant socialiste, Édouard Philippe atteindrait même 21 % des suffrages. Jean-Luc Mélenchon obtiendrait alors 16,5 %, Olivier Faure 5 % et Marine Le Pen 34,5 %.
Ces chiffres montrent que la qualification d’Édouard Philippe dépendrait fortement de la capacité du centre à éviter une multiplication des candidatures. Une candidature unique lui offrirait une véritable possibilité d’atteindre le second tour. À l’inverse, un affrontement avec Gabriel Attal pourrait disperser les voix et favoriser mécaniquement Jean-Luc Mélenchon.
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La division du centre pourrait tout changer
Plus que la domination de Marine Le Pen, déjà observée dans plusieurs enquêtes, c’est donc la bataille pour la deuxième place qui retient l’attention. Quelques points seulement séparent Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe dans certaines hypothèses.
Le nombre de candidatures issues du camp présidentiel sera déterminant. Si Édouard Philippe et Gabriel Attal se présentent simultanément, chacun pourrait capter une partie de l’électorat centriste sans parvenir à atteindre le niveau nécessaire pour se qualifier.
À l’inverse, le retrait de l’un d’entre eux pourrait permettre à l’autre de rassembler un bloc suffisamment large pour dépasser Jean-Luc Mélenchon. Les décisions personnelles, les alliances et les éventuelles primaires pèseront donc presque autant que la popularité individuelle des candidats.
La gauche modérée fait face à une difficulté comparable. Une candidature de Raphaël Glucksmann ou d’Olivier Faure ajouterait une offre politique supplémentaire, sans parvenir, dans les scénarios présentés, à menacer directement les deux premières places.
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Une envie de changement qui atteint un niveau spectaculaire
Au-delà des intentions de vote, l’étude révèle un état d’esprit particulièrement sombre dans le pays. 71 % des personnes interrogées déclarent attendre de la présidentielle un « vrai changement social et politique ». Avant l’élection de 2022, elles n’étaient que 51 % à exprimer cette attente.
Plus de la moitié des sondés, soit 54 %, souhaitent que la société soit transformée en profondeur. Parmi eux, 26 % évoquent même la nécessité d’un changement radical. Ces résultats traduisent une forte demande de rupture avec la situation actuelle, mais pas nécessairement un accord sur la direction que devrait prendre cette transformation.
Les sentiments associés à la situation politique et sociale sont également très révélateurs. L’inquiétude est citée par 59 % des personnes interrogées, contre 38 % en octobre 2021. L’incertitude atteint 51 %, tandis que la colère est évoquée par 30 % des sondés.
Enfin, 74 % estiment que la situation du pays va se détériorer. Avant la présidentielle de 2022, seuls 45 % partageaient cette opinion. Cette hausse considérable du pessimisme pourrait peser lourd dans une campagne où les thèmes du pouvoir d’achat, des services publics, de la sécurité et de la protection sociale devraient occuper une place centrale.
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Un sondage important, mais une élection encore ouverte
L’enquête a été menée en ligne du 3 au 9 septembre 2026 auprès de 13 060 Français inscrits sur les listes électorales, selon la méthode des quotas. La marge d’erreur annoncée est comprise entre 0,2 et 0,9 point selon les résultats observés.
La taille importante de l’échantillon permet d’observer précisément les rapports de force du moment. Il reste néanmoins essentiel de rappeler qu’une intention de vote n’est pas une prédiction. Les candidatures définitives, les programmes, la campagne officielle et les événements politiques des prochains mois peuvent encore faire évoluer les positions.
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Une tendance paraît toutefois se dégager : Marine Le Pen bénéficie aujourd’hui d’une avance considérable, tandis que la deuxième place pourrait se jouer sur la capacité de chaque camp à se rassembler. Si la gauche radicale conserve un candidat dominant et que le centre part divisé, le duel entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon pourrait devenir bien plus qu’une simple hypothèse.
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