Son retour à la compétition était particulièrement attendu. Il s’est finalement transformé en une immense désillusion. Alexander Zverev a été éliminé dès son entrée en lice au Masters 1000 de Montréal, mercredi 5 août, après une défaite en trois sets face au Néerlandais Tallon Griekspoor. Le récent vainqueur de Roland-Garros s’est incliné 6-7 (3/7), 6-2, 6-4 au terme d’un match de plus de deux heures et demie.
Sur le papier, tout semblait pourtant pencher en faveur de l’Allemand. Troisième joueur mondial, tête de série numéro un au Canada et exempté de premier tour, Alexander Zverev arrivait avec le statut de grand favori. Son adversaire, seulement 69e au classement ATP, traversait une période bien moins convaincante. Le résultat n’en est que plus retentissant.
Après avoir remporté le premier set au jeu décisif, Zverev paraissait avoir fait le plus difficile. Mais son niveau de jeu s’est progressivement dégradé, tandis que Griekspoor gagnait en confiance. Plus agressif, plus solide dans les échanges et surtout plus constant dans les moments importants, le Néerlandais a totalement renversé la rencontre.
Une élimination inattendue pour Alexander Zverev
La défaite constitue l’une des premières grandes surprises du tournoi canadien. Alexander Zverev ne s’était plus présenté sur un court en compétition depuis sa finale perdue à Wimbledon contre Jannik Sinner. Quelques semaines après cette déception, Montréal devait lui permettre de retrouver ses repères sur dur et de lancer sa préparation pour la dernière partie de la saison.
Cette reprise s’est révélée bien plus compliquée que prévu. Malgré un premier set remporté au tie-break, l’Allemand n’a jamais réellement semblé installé dans son match. Son service, habituellement l’une de ses armes les plus efficaces, ne lui a pas offert la tranquillité nécessaire. Ses frappes ont également manqué de précision lorsque Griekspoor a commencé à imposer un rythme plus soutenu.
Zverev ne s’attendait visiblement pas à livrer une prestation aussi décevante. Après la rencontre, il a reconnu qu’il n’anticipait pas nécessairement un très bon niveau de jeu pour son retour, tout en admettant avoir été surpris par l’ampleur de ses difficultés.
Cette lucidité n’effacera pas la frustration. Après une saison remarquable sur les plus grandes scènes, perdre dès son premier match contre un joueur nettement moins bien classé représente un sérieux coup d’arrêt. L’élimination reste cependant à relativiser : un retour après une finale de Grand Chelem peut être délicat, notamment lorsqu’il faut rapidement retrouver des automatismes sur une nouvelle surface.
Tallon Griekspoor renverse le match après un premier set frustrant
Tallon Griekspoor aurait pu se décourager après la perte de la première manche. Le Néerlandais avait réussi à tenir tête au numéro trois mondial, avant de céder dans un tie-break dominé 7 points à 3 par Zverev. Loin de baisser les bras, il a au contraire élevé son niveau dès le début du deuxième set.
Sa stratégie a alors payé. Griekspoor a raccourci certains échanges, pris davantage d’initiatives et profité des erreurs de son adversaire. En remportant la deuxième manche 6-2, il a replacé une pression considérable sur l’Allemand, contraint de disputer un set décisif dès son premier match du tournoi.
La troisième manche a été plus équilibrée, mais le Néerlandais a su conserver son avantage. Face à un Zverev incapable de retrouver durablement son meilleur tennis, il a conclu sur le score de 6-4. Après deux heures et 34 minutes de jeu, le 69e mondial pouvait célébrer l’un des résultats les plus marquants de sa saison.
Cette victoire représente son huitième succès contre un membre du top 10 et sa troisième performance face à Zverev. Elle confirme également sa capacité à se transcender contre les meilleurs, même lorsqu’il arrive dans un tournoi avec peu de certitudes.
Pourquoi Zverev a-t-il autant souffert à Montréal ?
Plusieurs éléments peuvent expliquer cette contre-performance. Alexander Zverev disputait tout d’abord son premier match officiel depuis sa finale de Wimbledon. Entre la fatigue accumulée pendant le tournoi londonien, la déception d’une nouvelle finale majeure et le changement de surface, le retour à la compétition comportait de nombreux pièges.
Le passage du gazon au dur exige une adaptation rapide. Les appuis, la hauteur du rebond et la construction des échanges sont différents. Un joueur peut être parfaitement entraîné physiquement sans retrouver immédiatement les sensations nécessaires dans un véritable match.
Griekspoor a par ailleurs obligé l’Allemand à jouer de nombreux points supplémentaires. En restant au contact après la première manche, il a nourri le doute chez son adversaire. Zverev s’est progressivement crispé, a commis davantage de fautes et n’a pas réussi à reprendre le contrôle mental de la rencontre.
Le contexte jouait aussi un rôle. En tant que tête de série numéro un, Zverev était attendu au minimum dans les derniers tours. Cette position de favori peut devenir pesante lorsque les sensations ne sont pas bonnes. À l’inverse, Griekspoor avait beaucoup moins à perdre et a pu libérer ses coups au fil du match.
Un coup d’arrêt après une saison exceptionnelle
Cette défaite contraste avec les résultats obtenus par Alexander Zverev depuis le début de la saison. L’Allemand avait atteint les demi-finales de l’Open d’Australie, d’Indian Wells, de Miami, de Monte-Carlo et de Munich. Une régularité impressionnante qui lui avait permis de s’installer durablement parmi les joueurs les plus performants du circuit.
Il avait ensuite disputé la finale du Masters 1000 de Madrid contre Jannik Sinner, avant de franchir un cap majeur à Roland-Garros. À Paris, Zverev avait enfin décroché son premier titre du Grand Chelem en simple, une récompense longtemps attendue après plusieurs échecs douloureux dans les tournois majeurs.
Son parcours s’était poursuivi jusqu’en finale à Wimbledon, là encore face à Sinner. Même battu à Londres, il quittait le gazon avec la confirmation de pouvoir rivaliser sur toutes les surfaces. Son élimination immédiate à Montréal apparaît donc moins comme le signe d’une saison manquée que comme un accident inattendu au milieu d’une année jusque-là très solide.
La question sera désormais de savoir comment il réagira. Les grands joueurs se distinguent souvent par leur capacité à tirer rapidement les enseignements d’un mauvais match. Zverev devra retrouver de la précision au service, de la confiance dans ses frappes et une meilleure mobilité avant ses prochaines échéances sur dur.
Le tableau de Montréal déjà privé de ses favoris
Le départ d’Alexander Zverev n’est pas le seul événement majeur de cette journée. Le tournoi a également perdu Félix Auger-Aliassime, contraint de déclarer forfait en raison d’une blessure au dos. Le Canadien espérait pourtant briller devant son public dans un rendez-vous particulièrement important pour lui.
La douleur serait apparue soudainement pendant un entraînement. Auger-Aliassime a expliqué qu’il se préparait à Montréal depuis deux semaines sans avoir ressenti le moindre problème. Son état ne s’étant pas suffisamment amélioré, il a tenté de s’échauffer avant de constater qu’il ne pouvait pratiquement pas servir.
Le forfait était alors inévitable. Entrer sur le court sans pouvoir effectuer correctement l’un des gestes essentiels du tennis aurait compromis ses chances tout en risquant d’aggraver sa blessure. Cette décision prive néanmoins le public canadien de l’une de ses principales attractions.
Avec la sortie de Zverev et le forfait d’Auger-Aliassime, le tableau du Masters 1000 de Montréal s’ouvre considérablement. Plusieurs joueurs moins attendus peuvent désormais envisager un parcours beaucoup plus long. Dans ce type de tournoi, la disparition précoce des favoris change rapidement les ambitions de tous les concurrents situés dans leur partie de tableau.
Quel prochain adversaire pour Tallon Griekspoor ?
Grâce à cette victoire, Tallon Griekspoor poursuit son aventure canadienne et se qualifie pour le troisième tour. Il doit désormais affronter le vainqueur du match opposant l’Italien Matteo Arnaldi, tête de série numéro 30, au Hongrois Fabian Marozsan.
Le Néerlandais devra rapidement tourner la page de son exploit. Battre un membre du top 3 procure une immense satisfaction, mais ce type de performance peut aussi demander beaucoup d’énergie physique et émotionnelle. La récupération sera donc déterminante avant son prochain match.
Son succès contre Zverev pourrait toutefois lui offrir le déclic dont il avait besoin. Après une période difficile, Griekspoor vient de prouver qu’il possède toujours les armes nécessaires pour inquiéter les meilleurs joueurs du monde. S’il conserve la même agressivité et la même solidité mentale, il pourrait devenir l’une des surprises de cette édition.
Une alerte à prendre au sérieux avant les prochaines échéances
Pour Alexander Zverev, l’aventure montréalaise s’arrête bien plus tôt qu’espéré. Cette sortie prématurée lui donnera davantage de temps pour travailler, mais elle réduit aussi le nombre de matchs dont il disposera pour retrouver du rythme avant la suite de la tournée nord-américaine.
Il serait excessif de remettre en question toute sa dynamique après une seule rencontre. Son titre à Roland-Garros, sa finale à Wimbledon et sa régularité depuis le début de la saison témoignent d’un niveau extrêmement élevé. Sa prestation à Montréal révèle néanmoins plusieurs fragilités qu’il ne pourra pas ignorer.
La fraîcheur mentale sera notamment essentielle. Après deux parcours éprouvants en Grand Chelem, Zverev doit digérer des émotions contradictoires : la joie immense d’un premier sacre majeur et la frustration d’une finale perdue quelques semaines plus tard. Ce nouvel échec rappelle combien il est difficile de maintenir une intensité maximale pendant toute une saison.
À Montréal, la soirée appartient donc à Tallon Griekspoor. Le Néerlandais a résisté à la perte du premier set, exploité les failles du favori et signé un renversement spectaculaire. Quant à Zverev, il devra rapidement transformer cette désillusion en avertissement utile s’il veut retrouver le niveau qui lui a permis de triompher à Paris.
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