Nous sommes le 1er septembre et, pour les météorologues, l’été est déjà terminé. Pourtant, les températures peuvent encore dépasser largement les 30 °C et une nouvelle poussée de fortes chaleurs est justement attendue en France dans les prochains jours. Ce paradoxe n’en est pas vraiment un : ce mardi marque le début de ce que les spécialistes appellent l’automne météorologique, une saison qui ne correspond pas exactement à l’automne de notre calendrier.
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En France comme dans de nombreux pays de l’hémisphère Nord utilisant ce découpage, l’automne météorologique commence toujours le 1er septembre et se termine le 30 novembre. Il devance ainsi de plusieurs semaines l’automne astronomique, celui auquel nous faisons généralement référence dans la vie quotidienne.
Cette année, la différence est particulièrement frappante puisque l’automne astronomique ne débutera que le mercredi 23 septembre 2026. Pendant 22 jours, nous serons donc simultanément en automne pour les climatologues et toujours en été du point de vue astronomique.
Mais pourquoi avoir créé deux calendriers différents ? Et surtout, à quoi peut bien servir une saison météorologique alors que les équinoxes et les solstices existent déjà ? L’explication est beaucoup plus pratique qu’il n’y paraît.
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Qu’est-ce que l’automne météorologique qui commence le 1er septembre ?
L’automne météorologique correspond tout simplement à un découpage de l’année utilisé pour étudier plus facilement le climat. Contrairement aux saisons astronomiques, ses dates sont fixes et ne changent jamais d’une année à l’autre.
Dans l’hémisphère Nord, le calendrier météorologique divise ainsi l’année en quatre périodes de trois mois complets :
- l’hiver météorologique : décembre, janvier et février ;
- le printemps météorologique : mars, avril et mai ;
- l’été météorologique : juin, juillet et août ;
- l’automne météorologique : septembre, octobre et novembre.
Ce mardi 1er septembre 2026 marque donc à la fois le début de l’automne météorologique et la fin de l’été météorologique 2026.
Cette distinction ne signifie évidemment pas que la météo change brutalement pendant la nuit du 31 août au 1er septembre. Il n’existe aucune frontière atmosphérique capable de faire disparaître les températures estivales à minuit.
Et cette rentrée 2026 le démontre particulièrement bien. Alors que l’on vient officiellement de basculer dans l’automne météorologique, une nouvelle remontée des températures est attendue dans les prochains jours, avec plus de 30 °C possibles dans de nombreuses régions et même des températures dépassant localement les 35 °C dans le Sud.
Le mot « automne » désigne donc ici avant tout une période statistique. Il ne faut pas l’interpréter comme l’annonce immédiate des pulls, des feuilles mortes et des matinées glaciales.
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Pourquoi les météorologues ne suivent-ils pas les saisons du calendrier ?
La raison principale est extrêmement simple : les mois complets sont beaucoup plus faciles à comparer.
Pour comprendre l’évolution du climat, les spécialistes doivent pouvoir mettre en parallèle les températures, les précipitations, l’ensoleillement ou encore les événements extrêmes observés pendant une saison avec ceux des années précédentes.
Prendre systématiquement juin, juillet et août pour définir l’été permet par exemple de comparer exactement la même durée et exactement les mêmes dates d’une année à l’autre.
À l’inverse, l’été astronomique commence au moment du solstice de juin et s’arrête à l’équinoxe de septembre. Ces événements astronomiques ne se produisent pas nécessairement exactement le même jour et à la même heure chaque année.
Créer des statistiques saisonnières sur ces périodes mobiles compliquerait inutilement les calculs et les comparaisons historiques.
Les trois mois utilisés pour chaque saison météorologique présentent également une certaine cohérence climatique. Juin, juillet et août constituent généralement les trois mois les plus chauds dans l’hémisphère Nord tempéré, tandis que décembre, janvier et février concentrent la période la plus froide.
Septembre, octobre et novembre représentent quant à eux cette longue transition au cours de laquelle les journées raccourcissent, l’ensoleillement diminue et les températures baissent progressivement avant l’arrivée de l’hiver.
Ce système permet donc de répondre beaucoup plus simplement à des questions que l’on entend régulièrement : cet été a-t-il été plus chaud que le précédent ? Cet automne a-t-il été exceptionnellement pluvieux ? Les températures de septembre à novembre ont-elles dépassé les normales ?
Sans périodes fixes, ces comparaisons seraient beaucoup moins lisibles.
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Quelle différence avec l’automne astronomique du 23 septembre 2026 ?
L’automne astronomique, que l’on appelle aussi couramment automne calendaire, repose sur un phénomène totalement différent. Il est déterminé par la position de la Terre autour du Soleil.
Dans l’hémisphère Nord, son début correspond à l’équinoxe d’automne. En 2026, celui-ci se produira le mercredi 23 septembre.
À ce moment de l’année, le Soleil traverse le plan de l’équateur terrestre en passant de l’hémisphère Nord vers l’hémisphère Sud. Les durées du jour et de la nuit deviennent alors proches l’une de l’autre, même si l’idée selon laquelle elles dureraient exactement douze heures partout est une simplification.
À partir de cette période, dans nos régions, les nuits deviennent progressivement plus longues que les journées jusqu’au solstice d’hiver.
Voilà pourquoi notre calendrier traditionnel situe le changement de saison autour du 22 ou du 23 septembre, alors que les climatologues considèrent que l’automne a déjà commencé depuis plusieurs semaines.
Les deux définitions ne sont donc pas concurrentes. Elles répondent simplement à deux besoins différents.
L’automne astronomique décrit un événement lié au mouvement de notre planète et à son inclinaison par rapport au Soleil. L’automne météorologique est quant à lui un outil destiné à observer, classer et comparer les données climatiques.
Dans la vie quotidienne, rien n’empêche évidemment de continuer à dire que nous sommes en été jusqu’au 23 septembre. Sur le plan météorologique, en revanche, toutes les données enregistrées à partir de ce 1er septembre entrent déjà dans les statistiques de l’automne 2026.
Peut-il encore faire très chaud pendant l’automne météorologique ?
C’est probablement la question que beaucoup se poseront en découvrant que nous sommes déjà entrés dans l’automne météorologique alors qu’une nouvelle période de fortes chaleurs se profile.
La réponse est évidemment oui. Le changement de saison statistique ne provoque aucune rupture dans l’atmosphère et septembre peut encore connaître des journées extrêmement chaudes.
L’histoire récente en apporte même des exemples spectaculaires. En septembre 2023, la France avait connu un épisode de chaleur exceptionnellement tardif avec de nombreux records mensuels battus et, pour la première fois depuis la création du dispositif de vigilance canicule, plusieurs départements avaient été placés en vigilance orange au mois de septembre.
Autrement dit, automne météorologique et chaleur estivale peuvent parfaitement cohabiter.
Météo-France décrit d’ailleurs l’automne comme une saison particulièrement contrastée. Des journées fraîches et humides peuvent alterner avec des périodes très douces, voire chaudes, selon la circulation atmosphérique et la position des anticyclones et des dépressions.
Au fil des semaines, la baisse de l’ensoleillement et le raccourcissement des journées finissent généralement par faire diminuer les températures moyennes. Mais cette tendance saisonnière n’empêche absolument pas quelques remontées d’air très chaud venues du sud.
Le changement climatique rend également la frontière entre été et automne moins évidente dans notre perception quotidienne. Les épisodes de chaleur peuvent se produire plus tardivement et des températures autrefois inhabituelles en septembre deviennent plus fréquentes.
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Cela ne modifie pas les dates du calendrier météorologique : septembre restera le premier mois de l’automne. Mais cela peut rendre la saison bien moins automnale que l’image que l’on s’en fait traditionnellement.
Cette année en est une parfaite illustration. Le 1er septembre 2026 marque officiellement le début de l’automne pour les climatologues, tandis que les prévisions annoncent déjà un retour de températures dignes de l’été pour la fin de semaine.
Il faudra donc patienter encore un peu avant de ranger définitivement les sandales et de ressortir les gros pulls. Sur le papier, l’automne météorologique est là. Dans le ciel et sur le thermomètre, l’été pourrait encore avoir plusieurs choses à nous dire.
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