Famille

Maman t'attend seule...

08 octobre 2016 - 15 : 15
par Laura

Une grossesse, ce sont de bons et de mauvais moments entremêlés d'impatience, de bonheur, de peurs, d'angoisses, et de milliers d'autres sentiments.

Attendre un enfant à deux, c'est partager ces sentiments, c'est patienter ensemble.

Attendre un enfant seule, c'est ce dont je veux vous parler aujourd'hui.

Un test d'urine, un résultat positif, s’enchaînent ensuite de gros moments de doutes et de peur mais surpassés par une intense joie de devenir maman, enfin.

Un papa en désaccord avec l'envie et le besoin de garder cet enfant, qui est venu se loger au creux de ce petit ventre.

La décision lourde de conséquences de mener à bien cette jolie aventure, seule.

La prise de conscience de devoir assumer seule les nombreuses étapes avant de devenir une maman, prête à tout donner sans compter pour ce bébé qui deviendra la personne la plus chère à son coeur.

Les premiers symptômes ne tardent pas à se faire sentir, syndromes psychosomatiques ou réels, le corps commence à montrer qu'il abrite un petit être en devenir.

Les premiers mois sont difficiles, les nausées, vomissements, insomnies, et tous les divers désagréments du début de grossesse.

Les jours et les semaines s’enchaînent,  les multiples examens aussi, les bonnes et les mauvaises nouvelles viennent rassurer ou perturber ce petit cocon que l'on se forme.

Ce cocon justement, bien confortable mais parfois difficile à gérer, ces émotions qui arrivent en grand nombre, cette sensation d’incompréhension : "Suis-je seule à vivre ça, est-ce que d'autres personnes ont ceci à gérer, comment y arrivent t-elles, puis-je oser demander de l'aide, afin de me sentir normale, puis-je partager ceci avec des mamans dans le même cas que moi... ?".

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Certaines choses sont plus difficiles à dire que d'autres, certaines choses sont plus difficiles à vivre seule qu'accompagnée, et certains doutes prennent le dessus lorsque personne n'est impliqué avec soi lors d'une étape comme celle-ci.

Les amis et la famille jouent alors ici un rôle très important, un rôle de soutien et de sécurité. Chaque parole et réponse est  importante pour la future maman et procure une vraie source de réconfort.

"Serai-je une bonne mère, vais-je devoir jouer la maman et le papa, vais-je arriver à élever cet enfant seule, comment vais-je tout gérer..."

Il est normal que ces doutes soient présents dans la tête de la future maman, mais ils peuvent aussi gâcher pas mal de moments, c'est pour ceci qu'il faut positiver au maximum, pour vivre au mieux cette grossesse et profiter de chaque instant avant le grand débarquement d'amour et de tendresse, mais aussi de cris et de pleurs, de coups de stress et de longues nuits à veiller son enfant.

Les mois passent mais ne se ressemblent pas, parfois le moral est au beau fixe (pas comme le soleil en ce moment, on s'est compris), parfois en berne totale, prise de panique, de doutes, de questions.

La course vers ce bonheur s’accélère, les choses à gérer se succèdent, cette vue brouillée de l'inconnu commence à s'éclaircir, la fin approche et les peurs s'accumulent. L'accouchement notamment, ce moment que toutes les mamans ou presque décrivent comme le plus beau jour de leur vie. "Vais-je ressentir ce bonheur et ce bien-être intense, vais-je avoir mal, très mal, comment vais-je gérer tout ça, toute cette douleur, toutes ces peurs, le jour J, SEULE ?"

"De quoi ai-je peur réellement, des trucs cons, des trucs de nana perdue dans ce grand tourbillon qui ne cesse de m’entraîner, perdre connaissance, que les choses se compliquent, même la péridurale me tétanise, je n'approfondis pas, j'ai peur de m'effrayer davantage."

"Il faut que je sois forte, que je travaille sur cette satanée peur de l'accouchement, j'ai réussi tant bien que mal à tenir presque 9 mois avec des hauts et des bas, réussi à mettre mes doutes de coté pour vivre pleinement cette grossesse tant désirée depuis des années, tellement de femmes de tout pays, toute génération, tout âge sont passées par là avant moi, pourquoi cette peur me rends donc si folle ?"

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Alors on travaille là-dessus, on en parle, on exprime nos doutes, on se tourne vers des personnes expérimentées, qui ont vécu ça bien avant nous, mais qui banalisent souvent l'acte, car oui, il paraît qu'on oublie tout une fois ce petit être venu de nos entrailles dans nos bras.

Et ce papa – ce géniteur devrais-je dire – absent, inexistant, pense t-il à tout ça, que peut-il bien se passer dans sa tête ? On envie toutes ces femmes qui ont la chance de profiter de ces moments, à deux, ces caresses partagées sur ce ventre qui s'arrondit de jour en jour, ces petits soins et petites attentions données par ces futurs papas.

"Que vais-je bien pouvoir répondre à mon enfant lorsqu'il me demandera où est son papa, qui est-il, pourquoi il n'est pas ici aujourd'hui ? J'ai peur d'être désemparée à l'idée de devoir lui parler de cet homme que je déteste tant, de lui transmettre cette haine que j'éprouve ou même cette indifférence.

Là encore il va me falloir être forte et objective, ne jamais l'inciter à le détester à son tour, car c'est toute une identité paternelle que je pourrais mettre en péril." 

Les visites, les échographies, des moments tant attendus pour en apprendre toujours plus sur ce qui se passe là-dedans, mais bien souvent absorbés par leurs plannings débordants, habitués à voir encore et toujours la même chose à quelques nuances près, certains gynécos restent muets lors des examens et n'expliquent rien, ne lèvent aucun de tous ces doutes. Et là, à qui s'adresser ?

Les sages-femmes ici complètent cette partie d'incompréhension, elles sont rassurantes et ont toujours une réponse à chacune de nos questions. Un peu comme de petits anges qui veillent sur nous installés confortablement dans un nuage de douceur et d'attention.

Une grossesse en solo peut nous apprendre beaucoup sur nous-mêmes, comme le fait que finalement, nous ne sommes pas si faibles que ça, nous sommes même fortes, très fortes !

Alors on se recentre sur le concret, on prépare tranquillement avec le sourire aux lèvres et du baume au cœur toutes les petites affaires de ce petit bout, sa chambre, on peaufine son petit lit, pour qu'il soit le plus douillet possible et que bébé se sente bien.

En conclusion, cette étape de notre vie est importante, seule ou accompagnée, elle nous apprend énormément sur nous-mêmes, elle est longue mais suffisamment finalement pour se sentir prête à être une maman ! Une maman heureuse d'avoir franchi toutes ces étapes et laisser les doutes s'envoler pour enfin profiter du meilleur, serrer son enfant dans ses bras.

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Laura
Je suis gourmande, susceptible et râleuse (surtout quand on veut goûter mon dessert). Mais à part ça, je ne mords pas, je vous jure !