Invité de L’Heure de vérité sur France 2 jeudi 8 octobre 2026, Édouard Philippe a confirmé qu’il n’assisterait pas aux concerts de Patrick Bruel. Mais l’ancien Premier ministre défend aussi son choix d’avoir vu un film de Roman Polanski. Deux décisions qu’il explique par la liberté individuelle, avant de livrer des confidences sur l’évolution de son regard sur les violences faites aux femmes.
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La question lui avait déjà été posée plusieurs mois auparavant. Cette fois encore, Édouard Philippe n’a pas cherché à esquiver sa réponse concernant Patrick Bruel. Interrogé sur le plateau de L’Heure de vérité, le président d’Horizons a maintenu sa décision de ne pas se rendre aux concerts du chanteur. Une position ferme, accompagnée d’explications plus nuancées lorsqu’il a été question de ses autres choix culturels.
Édouard Philippe confirme son refus d’aller aux concerts de Patrick Bruel
En mai dernier, alors que les accusations de violences sexuelles visant Patrick Bruel occupaient une place croissante dans l’actualité, Édouard Philippe avait déjà exprimé son malaise à l’idée d’assister à l’un de ses spectacles.
Sur le plateau de C à vous, il avait déclaré : « Ça me gênerait d’y aller. » Une formulation personnelle, qui traduisait son refus de participer à un concert dans ce contexte.
Relancé sur cette déclaration jeudi 8 octobre, le candidat à la présidentielle a confirmé qu’il n’avait pas changé d’avis : « Oui, je l’ai dit. […] Ses concerts, je n’irai pas ! »
Cette réponse intervient alors que la tournée de Patrick Bruel a été annulée. Elle ne constitue donc pas une annonce concernant un déplacement prochain, mais la confirmation d’une position exprimée avant cette annulation.
Sur un sujet où chaque parole publique peut être interprétée comme un soutien ou une prise de distance, Édouard Philippe choisit de dire clairement ce qu’il ferait en tant que spectateur. Ce choix personnel ne permet toutefois pas de préjuger de l’issue judiciaire des accusations visant le chanteur.
Son choix de voir un film de Roman Polanski remis dans la discussion
L’échange ne s’est pas arrêté à Patrick Bruel. Édouard Philippe a également été interrogé sur sa décision d’avoir vu un film de Roman Polanski, alors qu’il était Premier ministre.
Le rapprochement soulève une question : pourquoi refuser le concert d’un artiste mis en cause tout en acceptant de découvrir l’œuvre d’un autre ? L’ancien chef du gouvernement ne considère pas sa sortie au cinéma comme une erreur et refuse d’y voir une approbation du comportement du réalisateur.
« Ça ne veut pas dire que, parce que je suis allé voir ce film, je dis qu’il n’y a pas de problème dans le comportement de tel ou tel », a-t-il expliqué.
Il distingue ainsi le fait de regarder une œuvre de celui de défendre son auteur. À ses yeux, assister à une projection ne signifie pas nécessairement nier les questions que soulève la personne qui l’a réalisée.
Cette explication laisse apparaître une approche au cas par cas. Édouard Philippe n’énonce pas une règle générale qu’il appliquerait de manière identique à tous les artistes. Il assume des décisions différentes, fondées sur son appréciation personnelle.
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Céline cité pour expliquer la distinction entre l’œuvre et son auteur
Pour développer son raisonnement, le président d’Horizons a évoqué Louis-Ferdinand Céline. Il le décrit comme « un romancier extraordinaire », tout en le qualifiant, sur le plan humain, de « type abominable ».
Le recours à cet exemple permet de préciser sa pensée : reconnaître la force d’une œuvre ne revient pas, selon lui, à admirer la personne qui l’a créée dans toutes les dimensions de sa vie.
Cette distinction traverse depuis longtemps les discussions sur la littérature, le cinéma ou la musique. Elle devient particulièrement sensible lorsque les actes ou les accusations concernant un artiste modifient la manière dont son travail est reçu.
Pour certains spectateurs, le plaisir culturel reste possible malgré ce qu’ils savent de l’auteur. Pour d’autres, ces informations changent leur rapport à l’œuvre au point de rendre sa découverte inconfortable. La réponse d’Édouard Philippe s’inscrit dans cette difficulté à établir une frontière commune à tous.
Une liberté de choix qu’il revendique aussi pour les Français
L’ancien Premier ministre a ensuite élargi son propos au public. Il défend la possibilité, pour chacun, de décider des œuvres et des spectacles auxquels il souhaite consacrer son temps.
« Les Français sont responsables. Ils peuvent très bien décider individuellement ce qu’ils font et ce qu’ils ne font pas, et j’ai la même liberté que tous les Français en la matière », a-t-il affirmé.
Son refus d’assister aux concerts de Patrick Bruel est donc présenté comme une décision individuelle. Dans les propos rapportés, il ne demande pas que tous les spectateurs adoptent automatiquement la même attitude.
Cette manière de répondre fait reposer le choix sur la conscience de chacun. Acheter une place, renoncer à une sortie, continuer à lire un écrivain ou découvrir un film peuvent correspondre à des raisonnements différents.
La difficulté, pour une personnalité politique, tient néanmoins à la portée de ses déclarations. Une préférence exprimée à la télévision dépasse le cadre d’une conversation privée : elle devient un élément du débat public, même lorsqu’elle est formulée comme un choix personnel.
Édouard Philippe reconnaît avoir changé sur la cause des femmes
L’émission a aussi permis à Édouard Philippe d’aborder les violences faites aux femmes, dans un contexte de discussion parlementaire autour d’une loi intégrale sur le sujet.
Sur ce terrain, il a reconnu une évolution de son regard. Dans sa jeunesse, a-t-il admis, il ne prenait « pas assez au sérieux » les discriminations et les menaces auxquelles les femmes peuvent être confrontées.
Cet aveu porte sur sa propre perception passée. Il reconnaît qu’il n’avait pas pleinement mesuré certaines réalités, plutôt que de présenter sa compréhension actuelle comme une conviction qu’il aurait toujours possédée.
Il a expliqué avoir appris en écoutant les femmes de son entourage : « On gagne toujours à écouter ses proches. Sa femme, sa mère, sa fille… De ce point de vue là, j’ai beaucoup appris. »
Ces confidences donnent une dimension plus personnelle à l’entretien. Elles décrivent un cheminement nourri par les échanges familiaux et par l’attention portée à des expériences qu’il ne vivait pas lui-même.
Ses inquiétudes pour sa fille évoquées sans détour
Père de trois enfants, Édouard Philippe dit s’inquiéter « comme tous les parents ». Il reconnaît néanmoins que certaines craintes concernent plus particulièrement sa fille.
« Je sais parfaitement le risque que peut représenter pour une jeune fille une soirée, où il y a de l’alcool, où des gens peuvent s’inviter. Je ne prends pas du tout ça à la légère », a-t-il déclaré.
Il cite ainsi une situation concrète pour expliquer sa vigilance actuelle. Ces préoccupations de père éclairent la manière dont il aborde les questions de sécurité et de violences, sans qu’il soit possible d’en déduire à elles seules le détail de ses propositions politiques.
L’écoute de ses proches et son expérience familiale apparaissent, dans son récit, comme des éléments importants de cette prise de conscience. Son propos met surtout l’accent sur la nécessité de prendre au sérieux des inquiétudes qu’il reconnaît avoir autrefois sous-estimées.
Une position ferme sur Bruel, un raisonnement personnel sur la culture
Au fil de cet échange, Édouard Philippe a donc exposé plusieurs aspects de sa réflexion. Il maintient son refus d’aller voir Patrick Bruel sur scène, défend son choix d’avoir assisté à un film de Roman Polanski et explique comment son regard sur la condition des femmes a évolué.
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Ces déclarations ne règlent pas le débat sur la séparation entre l’œuvre et l’artiste. Elles montrent la façon dont il choisit de l’aborder : en revendiquant la liberté de décider, tout en acceptant que ses décisions soient questionnées. Une phrase résume toutefois sa position concernant le chanteur, sans ambiguïté sur son intention de spectateur : « Ses concerts, je n’irai pas ! »
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