« Elles confondent rapport sexuel et abus » : Brigitte Lahaie relance la polémique après ses propos sur Patrick Bruel

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Crédit photo : Illustration générée par intelligence artificielle
Ecrit par:Laura Perret
13 octobre 202614:23

Brigitte Lahaie maintient sa position, malgré les critiques suscitées par ses précédentes déclarations. Invitée du podcast « Jamais dit », présenté par Isabelle Farrugia, l’animatrice de Sud Radio a de nouveau abordé le consentement et les plaintes déposées longtemps après des faits présumés de violences sexuelles. Selon elle, certaines femmes confondraient une expérience sexuelle désagréable avec un abus. Une prise de parole qui ravive la controverse autour de ses interventions sur les femmes ayant accusé Patrick Bruel.

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Dans cet entretien, l’ancienne actrice s’appuie sur son propre parcours pour développer son raisonnement. Elle évoque des relations qu’elle regrette, interroge la possibilité de porter plainte des décennies plus tard et décrit des situations dans lesquelles une femme peut subir sans se défendre. Des propos qui posent une question essentielle : comment distinguer le regret d’une relation consentie de l’absence de consentement ?

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Brigitte Lahaie évoque une confusion entre expérience désagréable et abus

La déclaration la plus marquante de l’entretien tient en une phrase : « Il y a beaucoup de femmes qui confondent le fait d’avoir eu un rapport sexuel pas spécialement agréable et le fait d’être abusé », affirme Brigitte Lahaie.

L’animatrice présente ainsi certaines accusations comme pouvant relever d’une relecture d’expériences passées. Pour expliquer son point de vue, elle parle de sa propre vie sexuelle et de situations qu’elle aurait préféré éviter.

Elle indique toutefois considérer que ces expériences ont participé à son parcours. Son raisonnement repose donc sur la façon dont elle-même interprète aujourd’hui des épisodes de sa jeunesse.

Mais une expérience personnelle ne permet pas de qualifier celle d’une autre personne. Deux situations qui paraissent similaires de l’extérieur peuvent différer profondément selon les circonstances, les échanges entre les partenaires ou les pressions exercées.

Le caractère agréable ou désagréable d’un rapport et son caractère consenti sont deux questions distinctes. Une relation peut avoir été librement acceptée et laisser un mauvais souvenir. À l’inverse, une personne peut avoir subi un acte sans manifester une opposition visible. C’est précisément cette distinction que les déclarations de Brigitte Lahaie remettent au centre du débat.

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Les plaintes déposées des années plus tard au cœur de son discours

Dans le podcast, Brigitte Lahaie s’interroge également sur les femmes qui portent plainte dix, vingt ou trente ans après les faits. Elle associe ces démarches à une tendance actuelle, plutôt qu’à la seule situation individuelle des personnes concernées.

Cette lecture est particulièrement sensible. Le temps écoulé avant une plainte ne permet pas, à lui seul, de déterminer ce qui s’est passé. Il ne constitue ni une preuve de l’accusation ni un motif suffisant pour l’écarter.

Parler publiquement, raconter des faits à un proche et déposer une plainte sont d’ailleurs des démarches différentes. Elles ne surviennent pas nécessairement au même moment et ne répondent pas aux mêmes contraintes.

Une personne peut redouter les conséquences d’une dénonciation, craindre de ne pas être crue ou éprouver des difficultés à raconter ce qu’elle estime avoir subi. Ces obstacles doivent être examinés sans présumer de la conclusion d’une enquête.

Pour la justice, la question du délai relève également des règles de prescription, qui dépendent notamment de la nature des faits et de l’âge de la personne concernée. On ne peut donc pas répondre de manière uniforme à toutes les situations évoquées sous l’expression « vingt ans après ».

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Subir sans se défendre ne signifie pas donner son accord

Un autre passage de l’entretien attire l’attention. Brigitte Lahaie reconnaît que certains hommes peuvent ne pas percevoir qu’une femme n’est pas véritablement engagée dans la relation. Elle décrit aussi une femme qui subirait parce que se défendre lui semblerait plus difficile.

Cette observation touche directement à la définition du consentement. L’absence de résistance ne suffit pas à établir un accord. Se taire, rester immobile ou ne pas parvenir à repousser quelqu’un ne permet pas de conclure qu’une relation a été librement acceptée.

Le cadre légal actuel précise que le consentement doit être libre, éclairé, spécifique, préalable et révocable. Il ne peut pas être déduit du seul silence ou de la seule absence de réaction.

Ces principes concernent la manière d’apprécier une situation ; ils ne permettent pas de trancher un dossier particulier à distance. L’examen de faits anciens doit également tenir compte des règles applicables et des circonstances propres à chaque affaire.

La formulation d’un consentement « un peu » donné entretient ainsi une ambiguïté. Ce sont les conditions dans lesquelles l’accord a été exprimé, ou n’a pas pu l’être, qui doivent être examinées.

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Une nouvelle intervention après plusieurs déclarations controversées

Les propos tenus dans « Jamais dit » s’inscrivent dans la continuité des précédentes prises de parole de Brigitte Lahaie.

En juin, lors de son passage dans le « Buzz TV », elle avait déjà tenu un discours critique envers certaines femmes dénonçant des violences sexuelles. À propos de Patrick Bruel, elle avait aussi appelé à laisser la justice travailler, tout en mettant en doute certaines interprétations des faits.

Fin juillet, une nouvelle intervention dans l’émission de Jordan De Luxe avait prolongé la controverse. Ses déclarations sur le chanteur avaient alors suscité des réactions très opposées.

Nikita Bellucci avait notamment dénoncé ses propos sur les réseaux sociaux. D’autres internautes avaient défendu la possibilité pour l’animatrice d’exprimer une opinion différente.

Ce nouvel entretien montre que Brigitte Lahaie ne revient pas sur le fond de son raisonnement. Elle continue de mettre en avant les regrets possibles, la complexité des expériences sexuelles et ses réserves face à certaines accusations tardives.

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Patrick Bruel conteste les accusations et reste présumé innocent

L’affaire Patrick Bruel constitue le contexte dans lequel ces déclarations sont particulièrement commentées. Le chanteur fait l’objet d’accusations de violences sexuelles portées par plusieurs femmes.

Mis en examen en juin 2026, il a été placé sous contrôle judiciaire. Il conteste les faits qui lui sont reprochés et bénéficie de la présomption d’innocence.

Une mise en examen ne constitue pas une condamnation. Il appartient à la justice d’examiner les accusations, les éléments recueillis et les arguments de la défense.

Cette exigence n’empêche pas d’écouter les plaignantes. Recueillir leur parole et respecter les droits de la personne mise en cause sont deux principes qui doivent accompagner la procédure.

Les interventions médiatiques, qu’elles soutiennent les femmes ayant témoigné ou défendent le chanteur, ne remplacent pas ce travail. Elles influencent néanmoins la façon dont le public aborde l’affaire.

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Pourquoi ces mots dépassent le seul cas de Patrick Bruel

En affirmant que de nombreuses femmes confondraient un rapport décevant et un abus, Brigitte Lahaie formule une généralisation qui dépasse largement les accusations visant un artiste.

Ses propos touchent aussi toutes celles qui hésitent à raconter une expérience ou qui cherchent encore à comprendre ce qu’elles ont vécu. Présenter une dénonciation comme un simple regret peut leur donner le sentiment que leur parole sera disqualifiée avant même d’être entendue.

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La distinction entre regret et absence de consentement mérite pourtant mieux qu’une opposition entre deux camps. Elle demande de regarder les faits, de considérer les circonstances et d’éviter les conclusions automatiques.

C’est là que se situe le véritable enjeu de cette nouvelle polémique : permettre l’examen des accusations sans transformer le délai d’une plainte, le silence d’une personne ou son absence de résistance en verdict sur ce qu’elle a vécu.

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Laura Perret | Auteur(e) So Busy Girls

Laura Perret

Je suis gourmande, susceptible et râleuse (surtout quand on veut goûter mon dessert). Mais à part ça, je ne mords pas, je vous jure !
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