Culture

Remise à niveau or-tho-gra-phique

17 février 2015 - 13 : 00
Je souffre d’un gros complexe. Un complexe orthographique. Pour quelqu’un qui aimerait un jour gagner sa vie grâce à ce qu’elle écrit, c’est assez problématique. J’ai donc décidé de me prendre en main, réviser les bases, et rassurer mes fondamentaux.

L’origine du problème me vient de ma tendre enfance, à cette époque où ma mère me disait « mais c’est pas possible toutes ces fautes que tu fais ! ». Elle avait raison. Sauf que non seulement ça ne m’empêchait pas d’être comprise, mais en plus je restais quoi qu’il en soit, dans le top de ma classe. Hors je n’ai jamais vraiment réussi à faire entrer des choses dans ma tête si je n’y voyais pas la logique. Ou l’intérêt. C’est problématique quand on me demande d’exécuter bêtement un ordre (j’oublie des choses pourtant de bon sens, mais si je ne vois pas la finalité de mon action, je bugue).

Du coup, les règles de grammaire ? Survolées, jamais vraiment apprises.
Les conjugaisons ? Répétée bêtement, jamais retenues.
A quoi bon, ça roulait très bien sans !

Du moins c’est ce que je croyais, jusqu’au jour où j’ai dû rendre des comptes à l’évidence : me relire, même, était insuffisant. J’avais de sérieux gaps qui risquaient (si ce n’était déjà le cas) de décrédibiliser la beauté de ce que j’avais à écrire (et qui me faisaient très certainement passer pour une bille).

orthographe

Ce qui me sauve, c’est de lire pas mal et d’avoir développé un super pouvoir de compensation pour savoir « ce qui s’écrit » en fonction de « ce qui sonne ». C’est à l’oreille que j’ai appris l’anglais il y a une dizaine d’années (et certainement pas en récitant les « to be, I was, been » de mon bouquin Apple pie). Ça fait 30 ans que je procède ainsi pour le français… Mais la différence essentielle entre la langue de Voltaire et celle de Shakespeare, c’est qu’en français dans le texte, ça serait bien trop facile si on écrivait comme on prononce. Nan nan nan ! Les lettres muettes sont légions et un accent peut, si ce n’est changer un son, modifier entièrement le temps d’un verbe.

Alors pour palier à tout ça, je me suis inscrite aux cours pour adultes de la mairie de Paris : orthographe et grammaire, niveau 2. Un premier test a permis de valider mon niveau. Le 2, donc. Ce qui correspond en gros au niveau troisième.

C’est tout ? Me diraient certains. C’est à dire que, je ne sais pas pour vous, mais moi après la troisième je n’ai plus fait de français. Non. J’ai fait du « commentaire de texte ». Comprendre : apprendre par cœur ce que voulait dire un auteur il y N années, sachant qu’il n’est plus là pour confirmer, et si possible le tout en évitant de nous donner les clés pour acquérir un esprit d’analyse par nous même. «Tu apprends et tu te tais »… Ça s’est très bien passé.

Donc niveau troisième, c’est les bases, et c’est ce que je voulais. Revoir les temps, les accords des participes passés, y compris des verbes pronominaux ou à la forme pronominale (et ce n’est pas pareil), les pluriels, les genres, tout / tous / toute / toutes, leur / leurs, ce / se, etc.

Qu’est ce que j’ai appris ? Que parmi ne prend jamais de « S » (parmis, c’est fini), que les participes passés des verbes du deuxième groupe ne prennent jamais de « S » non plus (les verbes du deuxième groupe c’est ceux qui font –issons à la première personne du pluriel, on écrit donc je finiS, mais j’ai fini, eh ouais !), etc.

2 fois par semaines, 2 heures à chaque cours, j’ai vu mon prof nous raconter des règles faisant plus ou moins de sens. Souvent pas beaucoup.

Disons plutôt que « c’est comme ça ». Sauf que la différence avec avant, c’est que maintenant je sais exactement pourquoi je les apprends, et que c’est tous les jours que j’ai l’occasion de les mettre en application.

Je n’ai même pas séché tant que ça finalement… Juste quelques cours par-ci par-là de temps en temps quand j’avais la flemme.

L’autre point positif, outre une grammaire impeccable (bien se relire avant d’envoyer ce texte…), c’est d’avoir passé du temps avec des gens de tous les âges et de tous les milieux sociaux dans la salle de musique d’une école primaire du vingtième. Moi… Handicapée légère des relations sociales.

Et puis il y avait mon prof. Selon les jours, il variait entre le pantalon bleu marine, pull bleu marine, veste bleue marine, ou la même, mais en marron. Droit dans ses chaussures noires, assez hermétique au second degré (ou comment s’assurer de grosses incompréhensions entre nous), de son propre aveu « un peu lent ». Un peu à ses dépens, quelqu’un de drôle, et touchant. Et puis je l’ai appris le dernier soir, autour d’une part de quiche et d’un verre d’Orangina, c’est un auteur déjà publié. 5 fois. De petites publications à chaque fois mais peu importe. Google ne m’avait pourtant pas appris grand-chose sur lui, c’est sous son nom kurde, celui de ses origines, qu’il écrit.

Le bilan : parfois, après 4 mois à partager 4 heures par semaine, c’est au moment de mettre sa veste et de poser son verre d’Orangina, que les discussions les plus intéressantes démarrent.

Et sinon, au test de « validation », j’ai eu la meilleure note de la classe.

Et toc !
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MissERichard
SomethingToDoWithStars, c’est chez moi. J’y évoque ma vie de (jeune !) trentenaire, bossant dans les media qui, par ailleurs, tape des mots sur son clavier. Des mots plus ou moins romancés, documentés, impliqués. Des mots que je publie aussi sur un 2nd blog tourné media, ou que je conserve pour en faire, un jour, quelque chose... avec chapitres et numéros de pages.