À l’approche de la fin de son mandat à la tête de la mairie de Paris, Anne Hidalgo se préparait à écrire une nouvelle page de sa carrière politique. Après près de douze années passées à diriger la capitale, la maire sortante ne cachait plus ses ambitions de reconversion à l’international.

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Loin des débats municipaux et des batailles partisanes parisiennes, elle espérait désormais s’imposer sur la scène mondiale. Mais ce projet soigneusement mûri vient de connaître un sérieux coup d’arrêt.
Selon les informations révélées ce vendredi 12 décembre, Anne Hidalgo n’a pas été retenue pour le poste de haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR), une fonction stratégique basée à Genève et parmi les plus prestigieuses du système onusien. Un revers d’autant plus marquant que l’élue socialiste avait multiplié les démarches et les signaux en vue de cette nomination, qu’elle considérait comme une suite logique à son parcours.
Un poste clé au cœur de la diplomatie internationale
Le poste de haut-commissaire pour les réfugiés représente bien plus qu’une simple fonction honorifique. À la tête du HCR, l’un des organismes les plus visibles et les plus exposés des Nations unies, son titulaire doit gérer des crises humanitaires majeures, coordonner l’aide internationale et dialoguer avec les gouvernements du monde entier sur des enjeux aussi sensibles que les migrations, les conflits armés ou le dérèglement climatique.
En se positionnant sur cette fonction, Anne Hidalgo affichait clairement sa volonté de changer d’échelle. Après une carrière politique entamée dans les années 1990, marquée par son ascension au sein du Parti socialiste, son passage au gouvernement et surtout ses mandats à la mairie de Paris, elle ambitionnait de mettre son expérience au service d’une cause universelle.
Mais face à elle, la concurrence était de taille. C’est finalement Barham Salih, ancien président de l’Irak, qui a été choisi par Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, pour succéder à l’Italien Filippo Grandi. Une nomination qui doit encore être validée par un vote de l’Assemblée générale des Nations unies, mais que les observateurs présentent déjà comme acquise.
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Une campagne internationale menée tambour battant
Ces derniers mois, Anne Hidalgo n’avait pourtant rien laissé au hasard. Consciente que ce type de poste se joue autant sur le terrain diplomatique que dans les réseaux d’influence, elle avait intensifié ses déplacements à l’étranger. New York, d’abord, pour rencontrer Antonio Guterres, lui-même ancien haut-commissaire aux réfugiés entre 2005 et 2015. Un rendez-vous symbolique, destiné à montrer son sérieux et sa motivation.
La maire de Paris s’était ensuite rendue au Kenya à l’occasion de l’Assemblée générale d’ONU-Habitat, avant de faire le déplacement à Lausanne pour participer à la réunion annuelle de la Fondation olympique pour les réfugiés. Autant d’étapes soigneusement choisies pour renforcer sa visibilité et démontrer son engagement sur les questions humanitaires.
Forte d’une image internationale travaillée depuis plusieurs années – elle figure régulièrement dans des classements de femmes politiques influentes à travers le monde – Anne Hidalgo espérait que cette exposition pèserait dans la balance. Mais visiblement, cela n’a pas suffi.
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Des critiques sévères en coulisses
Derrière l’annonce officielle, les commentaires internes sont sans appel. Une source citée par la presse explique qu’Anne Hidalgo n’aurait « jamais été considérée comme une candidate au niveau requis » pour diriger le HCR. Une appréciation brutale, qui contraste fortement avec l’assurance affichée par l’élue ces derniers mois.
Cette remarque soulève aussi une question plus large : celle de la légitimité des profils politiques nationaux à la tête de grandes institutions internationales. Si l’expérience exécutive d’Anne Hidalgo à Paris est indéniable, certains observateurs estiment qu’elle manquait peut-être d’un parcours diplomatique ou géopolitique suffisamment marqué pour rivaliser avec des figures issues de zones de conflits ou de la haute diplomatie internationale.
Une déception de plus dans une fin de mandat compliquée
Ce revers intervient dans un moment charnière pour Anne Hidalgo, qui a annoncé qu’elle ne briguerait pas un troisième mandat à la mairie de Paris. Une décision qui marque la fin d’une époque, mais aussi le début d’une période d’incertitude.
Sur le plan politique, la succession à l’Hôtel de ville s’est révélée plus chaotique que prévu. Le sénateur Rémi Féraud, désigné comme son dauphin, a été battu lors de la primaire interne du Parti socialiste par Emmanuel Grégoire, ancien premier adjoint de la maire. Une défaite symbolique, vécue par certains comme un désaveu de son héritage politique à Paris.
À droite, la bataille s’annonce tout aussi féroce. Rachida Dati, déjà candidate malheureuse par le passé, tentera une nouvelle fois sa chance, tandis que Pierre-Yves Bournazel, élu Horizons soutenu par le camp présidentiel, entend lui aussi jouer les trouble-fêtes.
Quel avenir pour Anne Hidalgo après cet échec ?
L’échec de cette reconversion internationale pose désormais une question centrale : quelle suite pour Anne Hidalgo après la mairie de Paris ? Si la piste onusienne semblait offrir une sortie par le haut, ce refus la contraint à revoir ses plans. Certaines hypothèses évoquent un retour dans les cercles de réflexion internationaux, des fonctions de conseil ou des engagements associatifs liés aux enjeux climatiques et sociaux, thèmes qu’elle a souvent défendus.
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D’autres estiment qu’elle pourrait rester influente dans les arcanes du Parti socialiste, même si son autorité interne apparaît aujourd’hui fragilisée.
Une chose est sûre : entre ambitions mondiales contrariées et héritage politique disputé, Anne Hidalgo aborde l’après-mairie dans un contexte bien plus incertain que prévu. Et ce poste prestigieux qui lui échappe pourrait bien marquer un tournant décisif dans la perception de sa carrière, en France comme à l’international.
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