Culture

J'ai lu Zéro déchet de Béa Johnson

06 mai 2015 - 13 : 00
par Fedora
Intéressée par le tri et le rangement, je me suis procurée le fameux livre Zéro déchet de la non moins fameuse Béa Johnson. Dans cet ouvrage, cette Française qui vit aujourd'hui aux Etats-Unis explique son cheminement en matière de réduction des déchets. Si, au départ, sa démarche était plutôt extrême (Béa Johnson le reconnaît elle-même), elle a su, par la suite, l'adapter au mode de vie de sa famille. La méthode Zéro déchet se base sur 5 étapes importantes à appliquer dans tous les domaines de la vie quotidienne :

  1. Refuser ce dont on n'a pas besoin.

  2. Réduire ce dont on a besoin (et qu'on ne peut refuser).

  3. Réutiliser ce qu'on consomme (et qu'on ne peut ni refuser ni réduire).

  4. Recycler ce qu'on ne peut ni refuser, ni réduire, ni réutiliser.

  5. Composter (le reste).


Une fois sa méthode explicitée, l'auteur donne des trucs concrets pour appliquer celle-ci à sa maison et à sa façon de vivre. Ces "trucs et astuces" s'appliquent à la cuisine, la salle de bain, la chambre à coucher, le bureau, la vie avec les enfants... L'ouvrage fourmille littéralement d'idées à mettre en pratique. C'est très rassurant car tu peux piocher dedans, les adapter, choisir ce qui te convient sans avoir une démarche aussi complète que l'auteur. Les avantages du mode de vie zéro déchet sont multiples : économies, gain de temps, bienfaits pour la santé, prise de conscience environnementale et sociétale. Et chacun peut (doit) adopter des changements durables et trouver l’équilibre entre contraintes et besoins personnels... Y compris dans ce que ça peut parfois avoir de contradictoire. Par exemple, l'auteur prend beaucoup l'avion... Il est évident que tous ces changements se font progressivement, dans la durée...

objectif-zero-dechet

Ce qui m'a (entre autres) marquée dans cet ouvrage, c'est qu'au fil des pages, Béa Johnson semble avoir réponse à tout ! Je m'interrogeais sur les codes barres présents sur les sacs à pain (à remplacer par des tailles d'oreiller en tissu)... Et paf ! 2 pages plus loin, j'obtiens la réponse à ma question ! Elle est trop forte Béa ! Elle est également super organisée... Encore un point positif du livre : détailler sa méthode point par point (par exemple, en expliquant une virée type en courses) permet de mieux l'appréhender... Et de constater que faire des achats "zéro déchet" n'est peut-être pas si insurmontable finalement. Même si parfois, c'est vraiment vraiment très (trop ?) détaillé...

J'ai particulièrement apprécié les nombreuses références que fait l'auteur à sa vie, ses expériences réussies ou non, ses tâtonnements, ses doutes. Ses remises en question permanentes enrichissent la réflexion. J'aime également l'idée que l'objet le moins polluant est celui qui existe déjà. Par exemple, il vaut mieux s'habiller en seconde main que d'acheter du neuf... même en matière bio. C'est une idée que j'aime parce que j'ai parfois trouvé la démarche du "tout virer pour tout remplacer" peu économe (et aussi peu écologique...). Le livre se termine par une série de démarches pro-actives en matière environnementale.

Ce qui m'a déplu — parce que forcément il y avait bien un truc qui n'allait pas me plaire ^^ — ce sont les affirmations présentées comme des faits avérés alors qu'elles sont juste issues d'une "impression de l'auteur" ou de témoignages sur son blog. Béa Johnson dit d'ailleurs clairement que les études et les chiffres, ce n'est pas son truc. Ok, mais alors, please, pas d'assertion ! De même, si je comprends bien que le zéro déchet doit s'adapter au mode de vie de celui qui le pratique, en quoi certains actes "non écologiques" seraient-ils plus acceptables que d'autres ? Si on part de son postulat de base, il me semble qu'aucune pratique n'est vraiment condamnable. Lorsque dans sa conclusion Béa Johnson décrit un monde zéro déchet de manière idyllique, je pense qu'elle minimise le risque d'une radicalisation des méthodes proposées... Je ne suis pas en train de dire que ce qu'elle dit n'a pas d'intérêt ou n'aura pas d'impact positif, mais je pense que ces propos doivent être l'amorce d'une réflexion profonde sur son propre rapport aux déchets et à la consommation.

Il reste que, pour moi, le livre de Béa Johnson est bien plus qu’un ouvrage sur le tri : c’est une déclaration politique : “Les décisions que nous prenons peuvent encourager ou desservir les fabricants et les revendeurs [...] Nous travaillons dur pour gagner de l’argent, et ce que nous achetons ne devrait pas seulement répondre à nos besoins élémentaires (remplir notre garde-manger), mais refléter nos valeurs. Car, en fin de compte, être client revient implicitement à dire :”Votre magasin répond à toutes mes attentes, et je tiens à ce que vous prospériez”. Et il faut bien avouer, à mon sens, qu'elle n'a pas tort... En tout cas, cela m'a fortement amenée à réfléchir (une fois de plus, tu vas me dire ^^) sur mon rapport à la consommation. Zéro déchet permet une réelle prise de conscience de tout ce que l'on laisse entrer dans notre vie consciemment ou non. Plus qu'un ouvrage qu'on lit d'une traite, Zéro déchet est un livre dans lequel on peut revenir piocher des idées, en fonction de ses intérêts, de sa façon de vivre, des problématiques auxquelles on est sensible... En attendant, nous sommes responsables de nos actes et même les plus petites avancées sont déjà un pas significatif pour l'environnement et pour un futur "vivable".
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