Humeurs

Etre stagiaire à 30 ans

08 septembre 2017 - 18 : 50

Aujourd’hui, je cumule tout ça : j’ai 30 ans, je suis en reconversion professionnelle, et dans ce cadre-là, je fais un stage.

D’où mon titre, être stagiaire à 30 ans.

En soi, cela ne me pose pas de problème, car j’ai déjà intégré le monde du travail auparavant, je connais un petit peu les rouages et les façons de procéder, et cela a été un argument (apparemment convaincant) lors de mon entretien pour ce stage de fin d’études : je ne sors pas de l’école, je ne suis pas née de la dernière pluie, faire le café non merci, aider sur des missions annexes je suis pas contre, apprendre mon futur métier oui.

Mais évidemment, lorsque tu intègres une grosse entreprise, tu côtoies forcément d’autres stagiaires, qui n’ont pas tous 30 ans… Ils sont généralement plus proches de la vingtaine, et sont en fin des études (comme moi après mon premier diplôme !) ou en césure.

mumissime

Et hier, j’ai entendu une phrase magique… Une de mes collègues stagiaires de 22 ans s’est vue « reprocher » (à demi mot, de façon – presque – subtile) de ne pas assez s’intégrer à l’équipe de façon globale (cela fait 6 mois qu’elle est là bientôt, s’en va prochainement, et semble tout à fait intégrée selon moi). Et attention, l’argument a été « nous, on aime bien avoir des petits stagiaires », ce qui traduit explicitement donne en fait :

    • Ça amène un vent de fraîcheur,
    • On retombe en enfance,
    • C’est rigolo de voir des gens galérer pour trouver une place qu’ils n’auront pas,
    • Ah oui, le monde étudiant, c’était bien…

Même si cela ne m’était pas destiné, je me suis sentie autant visée qu’elle, car faisant partie du clan « stagiaires » je me suis tout simplement dit (ok je l’ai dit à voix haute !) : c’est vrai que c’est hyper marrant de voir quelqu’un comprendre le fonctionnement de l’entreprise en une semaine top chrono, donner tout ce qu’elle a, apprendre son futur métier, essayer de faire copain-copain pour ne pas manger seule le midi, participer aux conversations même les plus pourries et inintéressantes juste pour avoir l’impression de faire partie « d’une équipe », proposer son aide pour être bien vue, etc etc…

Donc non, à 22 ou à 30 ans (et encore moins à 30, c’est certain), nous ne sommes pas simplement le vent de fraîcheur que les salariés aigris recherchent pour apporter une touche d’exotisme à leur morne quotidien.

Et personnellement, à midi, je n’ai pas besoin de m’intégrer avec des gens inconnus, juste parce que « ça fait bien », « c’est bien vu ». J’ai envie de décompresser, de faire une vraie pause, et de parler autre chose que de boulot.

Stagiaires, rebellez-vous !

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