Humeurs

Quand je vais chez l'esthéticienne

10 janvier 2017 - 15 : 53

Aller chez l'esthéticienne, je ne sais pas pour toi, mais pour moi, ça ressemble à un grand moment de solitude : allongée sur une table, à moitié à poil, dans des positions toujours très naturelles, à devoir répondre que "oui, oui, ça va" à une femme qui te demande pour la cinquantième fois si tu supportes bien la douleur alors que t'as juste envie d'appeler ta maman.

Je frise donc bien souvent la schizophrénie et ai de grandes discutions avec moi-même. Et ça commence TOUJOURS pareil, quand elle me dit :
« Eh ben dis donc, il y a beaucoup de poils ! »
- Bah c'est-à-dire que si j'en avais pas, je viendrais pas, même si t'es super sympa je le reconnais. Mais ton métier, c'est d'enlever des poils (entre autres) donc oui je viens quand j'ai des poils.

« Ah ah, c'est la forêt vierge ! »
- Vas-y, fous-toi de ma gueule. Et ouvertement, en plus. De toute façon, tu sais que je ne peux rien faire d'autre que fermer ma gueule en souriant : j'ai trop besoin de toi !

« Il commence à faire froid... »
- Pourquoi elle me parle... vas-y, je vais fermer les yeux et faire genre je dors. Oui, j'arrive à m'endormir malgré la douleur, j'ai des supers pouvoirs. Aïe bordel, ça fait mal ! Elle veut à tout prix avoir mon attention, la salope !

« Tout se passe bien ? »
- Pourquoi elle insiste pour savoir si ça va? Bien sûr que non, ça ne va pas mais qu'est-ce que tu veux que je dise : "arrêtez tout, j'en peux plus, on finira ce mollet demain ou la semaine prochaine. Ou jamais !" ?

- Qu'est-ce qu’il s'est passé ? Qu'est-ce qui a mal tourné dans ce monde pour que j'en sois là? A me faire arracher les poils par une fille que je ne connais même pas.

- Je suis sûre que c'est une psychopathe, elle sourit, elle me parle de ses vacances, elle kiffe, elle prend son pied là ! Il lui manque que des chocolats à grignoter pour que ça soit parfait !

- Quand elle commence à se pencher sur le maillot équipé de sa pince à épiler, j'ai toujours cette phobie : lâcher un pet. Bon, étant donné que je suis une fille hyper glamour, c'est un phénomène qui m'est étranger, je n'ai jamais au grand jamais pété de toute ma vie. Mais quand même, ça fait peur.

- Je suis sûre qu'elle aussi elle y pense : "pourvu qu'elle ne pète pas, pourvu qu'elle ne pète pas".

- Du coup, j'aurais presque envie qu'elle me raconte son dernier week-end pour détendre l'atmosphère. T'as fait quoi, madame ?

- Ris. Ris à ses blagues, putain, elle a le moyen de ruiner ta vie sexuelle. Va pas la vexer, ne joue pas avec le feu, bordel.
Ah ah, oui tu es drôle, je t'aime, s'il te plaît ne me brûle pas le vagin au 3ème degré. 

- Salope, salope, salope. Plus jamais, je reviens. PLUS JAMAIS.

- Faudrait que je l'invite à une soirée pyjama un jour, quand même, elle a ma reconnaissance éternelle. Toi qui m'a vue dans des positions non orthodoxes, sans mes fringues. Toi qui me rends quand même sacrément service, parce que je ne suis pas super souple, en fait.
Et en plus, t'as même pas ri. Merci.

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