Famille

Lettre à toi que je n’aime plus

15 octobre 2014 - 12 : 00
Je ne t’aime plus, c’est d’une évidence troublante. Je me demande même parfois si je t’ai aimé un jour. Sûrement. Forcément, quand on voit ce que j’ai fait pour toi, quand on voit à quoi je me suis pliée, à quel point je me suis abandonnée pour un sourire de toi.

Je ne suis pas blanche comme neige dans cette histoire. J’ai ma part de responsabilité, que j’assume. Je t’ai laissé me traiter comme rien, je t’ai laissé t’essuyer les pieds sur moi, je t’ai laissé libre de faire ce que tu voulais. J’ai payé ma part.

Je dépendais entièrement de toi. Je ne savais plus faire un pas sans toi. Même traverser la route sans ma main dans la tienne me perturbait. Tu avais fait de moi ta chose, je t’appartenais, pleine et entière. Je n’étais plus moi, juste une pâle copie d’une fille que je ne connaissais pas.

Je ne t’aime plus. Je ne sais plus depuis quand. Depuis la séparation ou bien avant. Depuis que je sais que tu ne te battrais pas pour moi. Ou depuis que je t’ai vu, les yeux remplis de larmes, me mentir sans ciller une seule fois.

Tu m’aimais comme un fou, ce sont tes mots. Mais on ne menace pas une femme qu’on aime passionnément, sauf quand on est un peu fou sur les bords justement.

Toi, tu veux encore me faire croire que tout est de ma faute, que tu subis, que tu déprimes, que tu as perdu le goût de vivre. Tu veux me faire croire que je t’ai blessé, humilié, quand j’étais seule à porter le poids de tes silences. Tu veux me faire passer pour la folle de service, celle qui se couchait à tes côtés en col roulé. Tu as oublié de mentionner qu’à l’époque je vivais dans un taudis, dont les murs ruisselaient d’eau au réveil, que les nuits étaient glaciales et que tu préférais encore à cette époque rentrer dormir chez toi.

Je ne t’aime plus. Je peux enfin l’écrire. Je peux enfin le dire. Et quand, quelques fois, j’ai envie de faire un pas vers toi, ce n’est pas par amour, mais par un profond sentiment de pitié. J’aurais envie de te secouer, de te réveiller, de te dire que tu passes à côté de ta vie, qu’à force de m’en vouloir c’est toi que tu détruis.

jeune-fille-libre

Je ne t’aime plus. C’est bien comme ça. Ces mots me rendent ma liberté, celle que tu m’as volée le jour où je t’ai dit « je t’aime » pour la première fois.
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Les chroniques de Mlle K
Sur mon blog, je parle un peu de tout, beaucoup de rien. Je partage surtout mes idées, mes rêves, mes envies, mes coups de coeur et de gueule aussi !