Humeurs

Non, le clignotant ne donne pas la priorité

04 février 2017 - 15 : 03
par Mazelle

*NDRL : texte relativement vulgaire faisant preuve de beaucoup de mauvaise foi - peut donc heurter la sensibilité de certain(e)s

Dans la vie, il y a plusieurs phénomènes indissociables ; par exemple, l’eau ça mouille, le feu ça brûle. Vous suivez ?

Eh bien quand je monte dans ma voiture, c’est pareil, je deviens subitement vulgaire. Alors oui, je connais la courtoisie, et tout ce que cela représente, mais avec des connards en face, j’ai cette tendance à l’oublier…

Et puis j’ai beau être petite et avoir une petite 206, être très réservée… Au volant, je me transforme en tyran. Sur la route, tout le monde est de toute façon un connard par défaut… et quand en plus je me perds sur la route (oui, j’ai le même sens d’orientation que le vent), je deviens une connasse aussi.

Mais j’y suis pour rien : ça me soulage. Oui, aboyer des insultes au volant, c’est mon exutoire avant / après boulot. Autant vous dire que leur journée de la courtoisie, ils peuvent se la mettre là où je pense.

En plus, il faut reconnaître que m’installer dans le sud n’a pas terni cette habitude de charretier puisque maintenant, au volant, je ponctue mes phrases même les plus basiques par de magnifiques « putain » « putaing » « Hey putaing encore rouge ! Qu’est-ce qu’il fout ce branguignole là, jamais il la passe la 3ème putaing ? »

Cette politesse extrême qui me caractérise est quintuplée par le fait que je sois une poissarde en puissance. Je ne m’en suis jamais cachée : je suis ce qu’on appelle communément « un chat noir ». Ouais. Le vrai. On pourrait ainsi aisément croire que je suis la sœur cachée de Pierre Richard (mais non) ; la scoumoune… c’est l’histoire de ma vie.

Du coup, en cette brillante et magnifique journée dédiée à la courtoisie au volant (rien que d’avoir créé ce genre de journée laisse songeur), je me suis dit : et pourquoi pas épiloguer sur le sujet ?

Bon déjà, j’ai 10 ans de permis… et je fais un constat déplorable (ou peut-être est-ce juste moi qui vieillit ?) : les gens sont de plus en plus cons sur la route. (Non mais sérieusement, suis-je la seule à ressentir ce phénomène ?). Je ne dis pas non plus que je suis la reine de la conduite, loin de là : il m’arrive de faire de vilaines choses : pô biiien ! (pas taper, pas taper !).

Mais voilà, dix ans de permis, une dizaine de cartons en tout genre (jamais rien de grave, je touche du singe), dont un seul où j’étais en tort (pas de bol : vitres givrée, voiture blanche que du coup je n’ai pas vu en reculant, dans un village de 200 habitants à 3h du mat’ ça fout la rage, mais bon, t’as la poisse ou tu l’as pas hein).

Tiens, ça me fait penser aux priorités : on m’en a grillée une il y a quelques années. Le gars avait « juste » le temps, il avait juste trop bu, il roulait juste trop vite.

Résultat, on a tapé à 80km/h pour lui et moi 50km/h (en ville !!). J’ai fini dans le mur, arraché une bite en plastique (ça a un autre nom ?), voiture pliée (aquaplanning à 50 c’est sympa non), et la sienne qui ne démarrait plus. Bien sûr le tout à 4h du mat’ avec une énorme frousse : « sur qui vais-je tomber à cette heure-ci ?! ».

Mon premier réflexe ? M’enfermer dans la voiture, noter la plaque, sortir la lacrymo, préparer le numéro des flics (on vit dans une société qui rend dingue). C’était un jeune… il a eu les mêmes réflexes que moi. Personne n’osait sortir (quoi parano ?!). Ça s’est très bien fini, heureusement ; il était super gentil au final. Mais bon, la loose à 4h du matin, non ?

Et puis parfois, ce n’est pas moi qui n’ait pas de bol. L’année dernière, en allant au boulot, j’avais un gars en scooter (scooter débridé – sans casque CQFD) qui faisait le cake à hauteur de ma fenêtre à faire des signes tel un babouin en cage, du style « t’es bonne »… Après un magnifique doigt d’honneur de ma part, le vilain a accéléré tel un bourrin en ruade. J’ai fortement pensé « ça mériterait qu’il se plante ce gros con ». Si tôt dit, si tôt fait. Le bougre a raté le rond point…

Et qui qui c’est qui a dû mettre sa titine au milieu de la route pour le protéger d’autres chauffards qui roulent à fond les ballons et ont le même QI d’huitre que cet empalé ? C’est bibi.

Heureusement, je ne suis pas rancunière. Je l’ai aidé à déplacer son scoot sur le côté, je lui ai appelé pompiers et flics (genou pété), je lui ai quand même placé dans la conversation « t’as l’air malin maintenant, hein ? », et me suis barrée. Je pense (et j’espère) qu’il n’est pas prêt de refaire l’abruti.

D’ailleurs, je pense que ce rond-point est maudit, car quelques temps plus tard, un gars m’a doublée en voiture, mais il a cru qu’il avait une Porsche et a dû oublier que c’était juste une fiotte.

Résultat, il a dû serrer très fort les fesses parce qu’il est passé tellement limite qu’il s’est bouffé le petit îlot juste avant (et a dû bousiller son essieu mais ça, j’ai envie de dire : bien fait) et a laissé une belle marque de frein (sur la route hein, parce que son slip j’en sais rien et à vrai dire j’ai pas trop envie de savoir !). Le seul hic, c’est que je suis poissarde… alors dans son élan, le gugus m’a envoyé un joli gravât. Résultat ? Pare-brise pété et bien sûr profusions d’insultes à la clef.

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Mais bon, faut l’avouer, je me venge aussi (oui parce qu’en plus, je suis un brin macho au volant), du coup, quand je vois une nana commencer fort mal son créneau, je me colle juste à côté avec le clignotant et j’attends.

Effet garanti : les femmes n’aiment pas être speedées / scrutées au volant, surtout pour des créneaux car ça n’est pas une légende : les femmes s’y prennent majoritairement comme des manches. Du coup, elles cèdent 9 fois sur 10, et à moi la place ! Ouais, vivre dans une ville où il n’y a jamais de places rend zinzin voire limite odieux.

Oui, je vous l’avoue à vous, je suis une pure grognasse au volant : je déteste qu’on me colle au train, je trouve ça dangereux. Ils ne sont pas dans ma tête, ils n’ont pas mon champ de vision, alors si je dois piler, il se passe quoi ? Bah on va morfler tous les deux… Donc oui, plus tu me colles… plus je ralentis. Ça en dissuadent certains, mais la grande majorité des gens sont idiots, du coup : ils te doublent sans visibilité, se foutent devant toi et pilent. Quel intérêt ? Qu’on m’explique s’il vous plaît…

Bref. Je suis tellement une morveuse au volant que j’ai même développé une sorte de code linguistique à chaque situation. Ainsi, un mec qui me colle est un parfait connard ; une vieille qui se traîne est forcément une vieille truie (souvent une truie violette du reste) ; un piéton inopiné est en toute logique, un abruti ; le « A » qui connait pas la troisième est un empafé de première, ces cyclistes pas foutus de rouler les uns derrières les autres mais qui préfèrent allégrement s’étaler sur la route (encore pire quand c’est la période du Tour de France) sont tous d’honorables couillons (ça me donne souvent envie de crier : STRIKE d’ailleurs!), etc etc.

Je le reconnais, je manque parfois très souvent de courtoisie avec mes « truie violette » « abrutis finis » et autres « gros cons ». Je confesse… mais comment ne pas perdre patience quand les mecs se croient seuls au monde ?!
Combien de fois ai-je serré les fesses sur la route ? Combien de fois ai-je eu des reflexes de fou – sortis de je ne sais où – qui m’ont permis d’éviter le pire ? Et je suis sûre que je suis loin d’être un cas isolé. Les gens sont fadas et se disent que « ça n’arrive qu’aux autres de toute façon ». Sincèrement, plus je mûris (ouais c’est mieux que « vieilli » non ?), plus j’ai peur sur la route. Pas de moi, mais des réactions imprévisibles des gens.

Par exemple, je ne comprends pas la réaction des gens face à un radar. Limité à 90 km/h pourquoi aller piler comme un crétin 300m avant… pour se refaire faire le cul ? Pour passer devant le radar à 50 km/h au cas où… ?! Même topo quand il y a des voitures de flics : les gens pilent, c’est aberrant. T’as décidé d’appuyer sur le champignon, ok, t’as pris un risque mais t’es pas obligé d’en faire prendre à tout ceux derrière toi.

Pareil pour le clignotant : une invention fabuleuse n’est-il pas ? Bon a priori, c’est en option sur certains modèles de voiture. Quant aux autres, un rappel : non, mettre son clignotant ne rend pas prioritaire (message subliminal à la vieille que j’ai croisé il y a trois heures qui m’a gentiment fait une queue de poisson en me faisant signe « j’ai mis le clignotant ».

J’vous jure au feu rouge j’avais envie de descendre, lui mettre une tarte et remonter dans ma voiture, soulagée. Un clignotant, c’est fait pour « prévenir que » mais pas pour « je fais ça et je t’emmerde ». Oui, le clignotant est ma bête noire car ça m’a valu un accident assez raide : les gens ne sont tellement plus habitués à les voir que du coup, ils les ignorent. Voilà comment, il y a deux ans, un gars a ignoré le mien et a eu la brillante idée en prime d’accélérer et me doubler par la droite… Bravo. D’ailleurs, ce cher Monsieur s’appeler Monsieur Boulé… comme quoi, il n’y a pas de hasard.

Dans le même style, un autre truc qui me dépasse : les vieux au volant… ragggh quelle plaie. Non, j’ai rien contre le troisième âge, mais je fais partie de ceux qui pensent qu’ils devraient repasser des tests de conduite… certains sont des dangers ambulants ; et quand ça n’est pas eux, c’est leur voiture !

Ah, il y a aussi les ronds-points. Apparemment, chaque auto-école à son mode d’emploi sur la question… je ne vois pas d’autres explications. [D’ailleurs, un truc que je n’ai toujours pas pigé comme concept : les ronds point à feux (Nîmes !)]

rond-point-comment-bien-prendre-un-rond-point

Petit aparté :
Il y a aussi des choses que je ne comprends pas du style quand tu accroches quelqu’un, t’es en tort : tu prends plein pot de malus pour trois ans. Mais si t’as un gros carton, que tu tues quelqu’un, tu prends le même malus pour la même durée. C’est vraiment un concept que j’ai du mal à assimiler. Ok, j’ai accroché la voiture mais c’était du plastique (pare-choc) et ça me vaut de raquer mon assurance plein pot. Or, si j’avais tué la vieille, j’aurai eu au final la même punition (côté assurance j’entends). Il n’y a que moi que cela gêne ?

De même quand vous êtes perdus, que diable, garez-vous sur le bas-côté plutôt que de faire de la merde en paquet en conduisant : oui, je dis ça parce que j’ai vu il y a quelques jours (et ça n’est pas la première fois) des types qui s’arrêtent SUR le rond-point à la recherche de leur chemin. Bon sang, au pire investissez dans un GPS, il y en a à des prix tout à fait abordables maintenant !

Bref, vous l’aurez compris, je suis une teigne en voiture… Je l’assume pleinement ; mais visiblement je ne suis pas la seule sinon on n’aurait pas créé cette journée « de la courtoisie au volant ».

Cela dit, faudra qu’on m’explique le concept car personnellement, j’aurai plutôt opté pour la journée du « non, nous ne sommes pas seuls sur la route ! ». Probablement plus pertinent…

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