27 400 Followers
26 494 Fans
6 048 Abonnés
4 099 Suiveurs
6 102 Abonnés

Le repas dominical

0 Partages Facebook 0 Twitter 0 Google+ 0 Email -- 0 Partages ×

ENTREE Le repas dominical

 

Dans le prolongement de l’hystérie estivale familiale, on peut aussi inclure le déjeuner dominical !

 

Dès la veille, il y avait eu débat pour savoir qui irait aller acheter le pain (et les gâteaux !), qui irait avec le désigné (et échappera à la corvée cuisine + dressage de table), qui irait à la messe (et loupera donc l’apéritif !) et qui resterait comme un idiot à tout faire sous les ordres du « chef ».

 

Immanquablement, l’idiot du coin (et de la smala) c’est moi, sous le prétexte explicite : « Tu cuisines si bien et t’as un goût sûr pour la déco ! ». Ouais, bien sûr, et la Vache qui Rit©, rit !

 

Donc, ce matin-là, nous avons réparti les rôles :
- Moi : cuisine, déco de table, hystérie devant le réfrigérateur déjà presque vide (une journée/une nuit) et hululement devant le manque d’enthousiasme de Quatre
- Un : corvée de pain et des gâteaux
-  Deux : la messe
- Trois : le copilote d’Un.
- Quatre : l’idiot bis
- Les invités du jour : La cousine « je-sais-tout », le cousin « y’a-le-tour-de-France », la grande Tante 2 « je-déteste-les-bigots », et la Grande Tante 1 « Je-vous-emmerde-tous ».

 

Bref, dès neuf heures du matin, c’était déjà l’effervescence dans la maison, à tous les étages. J’étais déjà sur le pont depuis deux heures et demi quand Un est arrivé avec son humeur du matin légendaire (« quoi, y’a pas de café ? »). J’étais déjà passablement énervée par un appel de chouchou qui me gonflait déjà en ce deuxième jour de congés, et par Un qui me tapait sur les nerfs depuis la veille au soir à cause d’un oubli à Super U (« qui a oublié de mettre sur la liste du Coca Zéro ? »).

 

Deux a débarqué alerté par les cris d’offrais au rez-de-chaussée et, aussi (surtout ?) par l’odeur du pain grillé ! Trois est descendu de son antre en traînant des pieds et en disant que « finalement j’irai aussi chercher le pain », ce qui n’a surpris personne puisqu’il apparaissait déjà sur le tableau noir dans la case « Copilote ».

 

Il a fallu que je déloge Quatre à grands coups de « I Bet You Look Good On The Dancefloor » d’Arctic Monkeys (au grand dam du rez-de-chaussée où Un, Deux et Trois hurlaient de concert devant un « tel manque de civisme en ce dimanche matin ») pour qu’il adhère à l’idée de m’aider un minimum avant l’arrivée de Tante 1 (dite « je-vous-emmerde », dite le tyran, dite la chieuse – terme qui m’est également gentiment dévolu-). Quatre m’a dit doucement : – C’est encore la guerre des mondes en bas ?

 

Il n’avait pas tort, Quatre ! Quand on est arrivés dans la cuisine, Un se prenait la tête avec Trois qui voulait un itinéraire « blindé »pour aller à la boulangerie (trois kilomètres en ligne droite !) afin de calculer « au mieux » l’heure du départ. Deux était à la limite de pleurer de rire quand j’ai été pris dans les feux croisés des trois qui m’ont dit « bon, alors, pour les gâteaux, on prend quoi ? ».

 

J’ai proposé d’en parler autour du petit-déjeuner et là, entre le pain grillé, le café, le thé, la marmelade, le jambon et le beurre salé, la discussion fût épique. Comment expliquer que Deux avait une idée si ferme sur les éclairs au chocolat qu’il a mené une véritable campagne électorale avec vote au suffrage universel en fin de discussion (avec motion de censure « S’il n’y a pas d’éclairs au chocolat, je me tire toute la journée à l’étang du coin ! ») ? J’ai entendu un « Ne nous tente pas, on pourrait te noyer » susurré par Trois qui m’a fait glousser sous le regard noir de Deux qui se remettait avec peine du vote défavorable sur les éclairs au chocolat !

 

Après la toujours épique hystérie de la salle de bains, ajoutée à la crise de nerfs de Deux qui avait croisé une guêpe à la sortie de la véranda, Un et Trois sont partis à dix heures vingt les cheveux au vent, en pleine dispute sur les gâteaux et en demandant à Quatre de bien veiller à ne pas énerver Tante 2 en lui précisant que Deux était à la messe.

 

Quatre n’a rien trouvé de mieux que de mettre la télévision sur France 2 et l’office qui était diffusée quand Tante 2 est rentrée dans la maison. Nous avons eu droit à une litanie digne des plus grands auteurs avec référence à tous les livres sacrés sur vingt siècles. Quatre trouvait cela hilarant qu’elle s’excite autant pour « rien », et la relançait régulièrement sur le sujet jusqu’à ce que les cousins débarquent. Lui a foncé sur la télécommande et a branché manu militari France 3 pour voir « l’étape du jour en vélo », et la cousine s’est collée à moi pour « observer ma manière de cuisiner ». J’ai essuyé quelques « astuces » et quelques « consignes » sans en tenir compte, évidemment.

 

Ma décoration de table a également essuyé diverses critiques (« Ah, on a les assiettes octogonales ? », « Ca alors, pourquoi ces verres ? Je préfère ceux de la grand-mère ! », « Tiens, j’ai une serviette rouge ! C’est parce que j’ai voté Mélenchon ? », etc.), et, inévitablement, cela a glissé sur le sujet à éviter chez nous : la politique. Malgré le fait que nous sommes tous, plus ou moins, de la même couleur, il y en a toujours un pour mettre sur la table le sujet polémique du jour. Cette fois-ci, c’était le mot « normal ». Inutile de vous dire que si je n’avais pas caché le couteau à pain dès le début, on aurait fini aux urgences les plus proches (les autres couteaux étant à poisson se sont avérés inoffensifs !).

 

Tantes 1 et 2 ont pris les choses en main et ont décidé que « la France était perdue pour la France » (sic), le Cousin avait les yeux rivés sur le Tour de France et hurlait que « l’honneur de la France était sauvée par Thomas Voeckler », la cousine me regardait d’un air contrit, quand Un terminait son assiette et Deux s’étouffait avec la mie de pain pour éviter de bouffer Tante 2 qui bouffait du curé désormais. Trois et Quatre mangeaient tranquillement et n’émettaient aucun son qui puisse amener les Tantes à relever leurs présences.

 

Un a inopinément entrepris de mettre de l’huile sur le feu et lança quelques missiles en direction de Tante 2 mais, grâce à l’âge et sa surdité naissante, elle n’a pas relevé (ou n’a pas voulu ?).

 

En résumé : l’apéritif était léger (Kir Royal avec toast de foie gras) l’entrée était trop salée (brochettes de noix de St-Jacques sur fondue de poireaux), le plat principal « normal » (Empereur avec pommes de terre vapeur et carottes Vichy au curcuma), la salade « très bonne » (une salade, donc !), le fromage parfait (sept sortes sinon cela aurait été l’émeute) et les gâteaux « pas mal » (babas au rhum pour tous puisque Un et Trois ne sont pas tombés d’accord devant la pâtisserie et, ce, malgré trente minutes de discussion un brin houleuse)…

 

Au café, tout le monde a commencé à s’endormir, sauf le Cousin qui meuglait devant la télévision à chaque coup de pédales d’un Français (avec moi, en fond sonore qui fredonnait le God Save The Queen pour l’équipe Sky !) et Quatre qui jouait sur son iPad en écoutant de la musique à fond la caisse (je pouvais distinguer les paroles à deux mètres).

 

L’après-midi s’est passée tranquillement et sagement (tout le monde dormait à seize heures) et devinez qui a fait la vaisselle, a rangé les ustensiles, et a fini par gueuler quand Quatre a renversé son verre de Soda sur la nappe de l’arrière-grand-mère en dentelle de Calais ?

 

Du coup, j’ai encore été élue la « chieuse » de l’été, titre que je gagne haut-la-main depuis des années.

 

Article rédigé par ItemLiz Girl.

lisagiraudtaylor 140x140 Le repas dominical
 
 

Si vous avez aimé cet article, vous pouvez retrouver ItemLiz Girl directement sur son blog.

6 réponses à Le repas dominical

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

classement-ebuzzing
Inscris-toi à notre newsletter !
newsletter
Les derniers articles Mode
Les derniers articles Maman