L’homme et le sac à main

Zhom me dit régulièrement : « Range ton sac, c’est un bordel sans nom ce truc !! » C’est vrai que mon sac ressemble à un mélange entre le souk de Marrakech et le vide-grenier de l’école municipale. On y trouve de tout, et surtout du n’importe quoi.

 

« Mais qu’est-ce que vous avez, les filles, à avoir toujours des tonnes de choses dans vos sac ? » C’est vrai ça ? Pourquoi a-t-on toutes ses choses que les hommes ne jugent pas nécessaires de prendre, mais qu’ils sont bien contents d’avoir quand ils en ont besoin ?

 

Les hommes (enfin, le mien) n’ont pas forcément la même notion que nous de l’indispensable à notre survie quotidienne. Leurs papiers d’identité, leur téléphone, leurs clés et leur carte bleue suffisent. Éventuellement une ou deux photos. C’est tout. Mais nous les filles, pour survivre dans la jungle urbaine, nous avons besoin de tout un tas de choses.

 

D’où l’invention du sac à main. En plus de parer notre bras avec un accessoire supplémentaire qui reflète gracieusement notre humeur ou notre goût raffiné pour la mode (ou pas), le sac à main regorge d’armes et d’astuces qui vont nous permettre de nous débrouiller de toutes les situations imposées par notre quotidien (ô combien tumultueux).

 

Déjà, un homme lambda n’a pas de sac. Il faut, dans un premier temps, se coltiner les affaires qu’il serait susceptible d’oublier. Ça va de la petite chose insignifiante au papier ultra important qu’il ne faut pas plier n’importe comment.

 

Eh oui, l’avantage d’avoir un sac à main, c’est que ton papier ne sera pas chiffonné à l’arrache dans ta poche (et tu ne passeras pas pour un gros négligé en allant le déposer).

 

 

Seconde chose, l’homme ne se maquille pas, ne se vernit pas les ongles. Nous si.  Alors la trousse de maquillage, indispensable à notre survie, trouve parfaitement la place dans notre sac. Et Zhom est bien content quand je lui sors mon Dermophil Indien pour ses lèvres toutes gercées par le froid.

 

Je sais pas vous, mais j’ai toujours tendance à devoir noter des trucs, prendre des adresses ou écrire ce qui me passe parfois par la tête pour ne pas oublier. D’où la présence d’au moins deux stylos et d’un carnet de notes. Pour être sûre de ne rien louper.

 

« Ouais mais franchement, t’as un iPhone, tu peux noter dessus aussi… » Oui, mais je préfère écrire, c’est parfois moins long, et en plus t’es bien content d’avoir mon bloc note sous la main quand tu as des trucs à écrire. Et avec un stylo, s’il te plaît.

 

Et puis, il y a notre portefeuille… Outre les documents officiels, il contient toutes les cartes de fidélité, de réduction et autres trucs qui montrent que tu dépenses un max pour avoir, allez, 10% de réduction maximum au bout de cinquante passages.

 

« Mais tu les utilises vraiment toutes ? » Ben ouais, c’est pas parce que ta seule carte de réduction, c’est celle de la boulangerie de ton boulot que moi j’ai pas le droit d’en avoir plein.

 

« Tu sais que dans ton portefeuille, t’as une poche pour la monnaie ? » Ouais, mais j’aime bien quand elle traîne au fond du sac et que je mets deux heures à trouver cinq centimes. Ça donne un challenge en plus (et accessoirement, ça fait chier la caissière qui en a besoin, mais chut !).

 

Généralement, je prends aussi mon chargeur, parce que mon iPhone adoré a besoin d’être rechargé.

 

Oui, Zhom a un Samsung qui tient des jours, mais il passe son temps à jouer, regarder des vidéos, ses mails, son Fesse-bouc, etc… Le tout, sur mon téléphone. Moi, bien sûr, je fais à peu près la même chose, le téléphone en plus (à la base, c’est MON téléphone, hein). Tu m’étonnes que la batterie de mon iPhone fasse un peu la gueule au bout d’un moment. Et bien sûr, vu que Zhom n’a pas de sac à main, c’est moi qui prends le câble précieux (qui nous évitera une déconnexion prématurée du monde extérieur). Et vu que je ne le mets pas sur ma tête, et bien cette précieuse chose va dans mon sac, bien sûr.

 

Il y a aussi les lunettes à prendre (et celles de Zhom en plus des miennes, il les mettrait où sinon ?), mon agenda (oui, je suis un ministre), mes clés (et leur porte-clés énorme pour pouvoir les trouver du premier coup) et le sac de courses (au cas où).

 

Quoi ? Ces tickets-là ? Ben euh… C’est les tickets de cartes bleue pour faire la compta du mois (et en fait ça ne sert strictement à rien).

 

Zhom ne se rend pas forcément compte que si mon sac est grand, c’est parce que quand je le traîne dans les magasins, et qu’il finit par s’acheter un truc, ce dernier finit automatiquement dans mon sac s’il y rentre. « Ben quoi ? Ça rentre, au moins on gagne de la place. » Oui, tu as déjà dit ça pour ton écharpe, tes gants et ta bouteille d’eau…

 

C’est qu’il commence à devenir lourd, ce sac à main… Et il y a au moins la moitié des choses à Zhom. C’est souvent à ce moment-là que je me pare de mon plus beau sourire, et m’adresse à Zhom en lui disant : « Dis, Amour, si tu portais le sac, maintenant ? »

 

Article rédigé par Helléa.


 
 

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Article publié dans : Amour toujours, multiple, Hommes et femmes