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L’enfer, c’est les autres… épisode 3 : le cinéma

 

J’allais samedi soir au cinéma avec une amie, et j’espérais que les gens seraient un peu plus civilisés que dans le métro bondé que je venais de quitter. Là, les voyageurs, tels des bœufs affolés, poussent, tirent, font les gros yeux, se crient dessus, critiquent, insultent, ignorent les autres et marchent sur tout le monde. Au cinéma (quelle idée aussi de vouloir aller sur les Champs…), les gens sont toujours les mêmes brutes égoïstes et pressées. Dès la queue, alors que nous arrivions en même temps qu’un couple à une borne, la fille a marmonné méchamment « Bon, allez ok, super, passe-moi devant, je te dirais rien ! ». Je me suis tournée et lui ai dit « Ah, mais allez-y je vous en prie, il n’y a pas de problème », et je me suis éloignée. Surprise que je ne lui ai pas rétorqué une insulte ou applati mon poing sur son nez, l’homme, soudain soucieux de protéger sa belle, m’a aboyée dessus : « Mais c’est bon, laissez-nous le temps quoi ! ». « Pas de problème monsieur, je vous l’ai dit, je ne suis pas pressée, regardez, il y a une autre borne libre ». Je pense qu’il a mis du temps à se remettre de ma non-agressivité. Les gens vont se divertir au cinéma, et ils sont toujours aussi tendus, sur le qui-vive, comme si on allait leur voler leur place. D’ailleurs, devant les salles, personne ne se gêne pour vous passer devant impunément, en vous poussant grossièrement, pour avoir la place au milieu de la salle, au milieu de la rangée. Et arriver les premiers, pour être les conquérant de la salle. C’est très important pour eux.

 

Dans la file, on a aussi droit aux commentaires de ceux qui sortent d’une salle et descendent le film que vous allez voir. Il m’est aussi arrivé qu’une ouvreuse me dise que franchement, The Lady, c’est une bonne merde à la Besson. Merci, je viens de payer 10 euros pour entendre ça alors que je ne suis même pas encore assise. Salope.

 

Une fois passés les émois de la file d’attente pour les billets et celle pour entrer dans la salle arrive le moment de regarder le film. Et là, vous regrettez déjà le canapé moelleux de votre salon, le silence qui règne tandis que vous vous régalez de ces images. Au cinéma, impossible de se régaler, les autres vous en empêchent par tous les moyens. Il y a ceux qui commentent absolument tout, et très fort, comme si vous n’étiez pas à 40 cm d’eux. Ceux-là sont insupportables parce que souvent, ils ne comprennent rien au film ou bien ils tentent d’y apporter une explication philosophico-quelque chose alors qu’on en est qu’au premier quart d’heure. Les autres, souvent, ce sont des jeunes filles qui pouffent à chaque scène un peu érotique, et les personnes agées qui se scandalisent de voir un bout de sein, et le font savoir à toute la salle. Lorsque je suis allée voir The Lady, j’ai eu droit, au fond de la salle, à un homme qui s’exclamait sans cesse « Putain ! » lorsqu’on voyait les massacres birmans, les émeutes… Désolée mon gars, si tu es sensible, il y a Mon Voisin Totoro dans la salle à côté. Dans l’éventail des bruyants, il y a aussi ceux qui respirent très fort, ceux qui reniflent en permanence, ceux qui sont pris d’une quinte de toux si forte que vous avez envie de les étrangler pour abréger leurs souffrances. Bien entendu, tous ces bruits incongrus ou ces discussions pénibles arrivent aux moments cruciaux du film, souvent aux moments tristes ou romantiques. Il y a aussi ceux qui ouvrent des paquets de biscuits, farfouillent longuement dans leur sac, mangent des pop-corn en faisant « schrounch, schrounch » et finissent de boire en faisant « hhhumaaa ». Parfois, on a de la chance car ceux-là nous offrent un rot bien immonde. Sans oublier les amoureux qui seraient prêts à faire un bébé devant vous, avec leurs baisers qui font un bruit de suscion bien désagréable.

 

 

Après le son, les odeurs. Samedi, ma copine a eu droit à un monsieur incontinent à côté d’elle. Pourtant, ce n’était pas le genre de film à se faire pipi dessus… Parfois on a le droit à ceux qui enlèvent leurs chaussures, franchement je ne sais pas ce qui est pire. Certains mangent des choses abominables qui empestent, comme un bon vieux fromage, c’est une histoire vraie de la belette. On a la chance aussi d’être à côté d’un chanceux qui a marché dans une crotte, d’un gros bonhomme qui a couru pour être à l’heure, d’une vieille dame sentant le renfermé, d’un homme puant la bière et la vinasse, d’une femme s’étant aspergée d’un parfum à la mode type Abercrombie et qui empeste les Champs-Elysées, il y a ceux, juste à côté de vous, qui tentent de vous parler mais ont une haleine si fétide que vous avez envie de partir en courant…

 

Au cinéma, il y a ceux qui sont toujours trop grands, et vous contraignent à voir le haut de leur crâne sur un bout de l’écran, ceux qui s’étalent et prennent trois sièges pour leurs manteaux, ceux qui téléphonent, fument, envoient des textos. Il y a ceux qui jettent leurs papiers et chewing gum par terre puisqu’une bonniche ramassera, n’est-ce pas ? Mais avant la bonniche, c’est vous qui passez et le chewing gum bien collant se retrouve sous votre chaussure, à votre grande joie.

 

Au cinéma, rien n’est jamais très joyeux, il y en a toujours un pour vous casser les pieds à chaque moment du film. Pénible, non ?
 

 

Article rédigé par Blanche De Castille

 
 

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